![]() |
||||||||
Avec cette Rose secrète, bien davantage quavec Trois Nôs irlandais (José Corti, 1994), nous sommes au cur de la veine romantique de Yeats. Un homme aux cheveux bruns clairsemés et au visage pâle tantôt courait tantôt marchait le long de la route qui serpentait, venant du Sud, vers la ville de Sligo. Beaucoup lappelaient Cumhal, fils de Cormac, et beaucoup lappelaient le Fougueux Cheval Sauvage, et cétait un jongleur, et il portait une sorte de pourpoint mi-parti, et il avait des souliers pointus, et une besace rebondie. En outre, il était du sang des Ernaans et natif du Champ dOr ; mais les lieux où il mangeait et dormait appartenaient aux cinq royaumes dEri, et son lieu de demeurance nétait pas sur la face de la terre. Ses yeux errèrent de la tour de ce qui fut plus tard labbaye des Frères Blancs à une rangée de croix qui se détachaient sur le ciel au sommet dune colline un peu à lest de la ville, et il serra le poing et lagita à ladresse des croix. Il savait quelles nétaient pas vides, car les oiseaux voletaient alentour ; et il se dit que, selon toute vraisemblance, un autre vagabond tout pareil à lui avait été appendu à lune delles ; et il murmura : Si lon vous pendait, ou si lon vous perçait de flèches, ou si lon vous lapidait, ou si lon vous décapitait, ce serait déjà assez fâcheux. (...) |
||||||||
| Traduit par Pierre Leyris 240 pages 1995 ISBN : 2-7143-0561-X 120 F Collection romantique N°56 |
||||||||