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Récits fantastiques russes, Collection Romantiques
éditions Corti, 1997, 2007.
La tradition fantastique et romantique a trouvé en Russie une terre vierge et un maître incontesté : Pouchkine. On raconte que cest lui qui fit cadeau à Titov de lidée dUne maison solitaire sur lîle Vassilievski, où nous retrouvons en effet tous les ingrédients du genre (un Saint-Pétersbourg à latmosphère étrange, lincarnation du mal face à la pureté angélique, une morte ressuscitée par la magie noire).
Avec Odoïevski, dont LÂge dhomme a publié Les Nuits russes, le fantastique se teinte doccultisme : dès lenfance du héros, le cosmorama qui donne son titre au récit provoque chez lui des phénomènes de vision et de voyance. Révélant lavenir comme le passé, il va devenir lincarnation même du mal, une sorte de drogue dont le personnage principal a besoin et horreur à la fois. Lunivers se dédouble et participe alors de la réalité comme de léternité.
Chtoss est le dernier texte écrit et laissé inachevé par Lermontov, tué en duel en 1841. Il est étrange à souhait. Un peintre désabusé de tout loue sur un coup de tête un appartement inoccupé où se trouve un étrange portrait de vieillard, qui se révélera bientôt être un fantôme, joueur de cartes. Nous retrouvons alors une atmosphère digne de la célèbre Dame de pique de Pouchkine, parue sept ans plus tôt.
Ce recueil consacré à des proses fantastiques de lépoque romantique et restées inédites montrera à lévidence quentre certains grands génies Pouchkine, Gogol, Dostoïevski le genre a trouvé en Russie une terre délection.

Ce volume contient :
Lermontov : Chtoss ;
Odoïevski : Cosmorama ;
Titov : Une maison solitaire sur lîle Vassilievska.

Le choix des textes qui composent le recueil a lintérêt de présenter trois aspect de ce genre de littéraire qui sépanouit à Saint-Pétersbourg entre 1820 et 1840 : la notion de double (Le Cosmorama), lapparition (Chtoss) et les forces du mal (Une maison solitaire sur lîle Vassilievski). Au cours du récit, les trois auteurs usent efficacement des recettes traditionnelles du genre : séduction de létrange, irruption de lirrationnnel dans le réel jusquà la confusion des sentiments, à la fralgile frontière de la folie. Mais le lecteur est définitivement envoûté par latmosphère lugubre unanimement prêtée à Saint-Péterbourg.
Anne Rodier, Diabolique trio in Le Monde, 17 janvier 1997.
Ce recueil, consacré à des proses fantastiques de lépoque romantique et restées inédites, montre à lévidence que le genre a trouvé en Russie une tradition et une terre délection. Il faut noter lexcellent traduction de Sophie Benech, laquelle contribue à rendre latmosphère plus envoûtante et le mystère plus poignant encore.
BCLF, avril 1997.
Profitant de toutes les occasions qui soffrent à lui pour semer le sésordre, et Saint-pétersbourg dans les années 1820 lui en offrant de particulièrement favolrables, le diable nen a-t-il pas profité pour y prendre ses quartier ? On le croirait, à la lecture de ces récits dont les auteurs, hormis Lermontov, sont presque inconnus. Mais comme la ville, le diable est grisâtre et dautant plus efficace ; il a abandonné les défroques flamboyante de son confrère germanique.
Patrick Cassou, Le Mensuel littéraire et poétique, n°244.

 
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