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Quelque peu connu comme graveur, mais longtemps méconnu dans son propre pays en tant que poète, Blake ny fut découvert à ce titre que vers la fin du siècle dernier par Swinburne, puis par Yeats, qui lédita. Assidûment publié et jalousement commenté depuis lors, il est lobjet dinnombrables gloses polyvalentes ou complémentaires comme si, à linstar de lÉcriture, il avait sans cesse quatre sens. Cest presque vrai.
Blake accomplit mieux que tout autre le romantisme anglais, sil est vrai que lessence de ce mouvement fut de souvrir avec élan, après le siècle de la Raison, à lImagination, que Blake égale au Verbe et, par là même, rend souveraine.
Des voix venues de léternité lui dictent un long poème quil appellera Milton. L'auteur du Paradis perdu, dont la pensée laccompagne et le fascine depuis l'adolescence, descend du séjour des bienheureux sur la terre afin de pénétrer celui qui est en quelque sorte son héritier spirituel et de rectifier par sa bouche de vivant les erreurs quil a commises dans ses écrits.
Notre recueil comporte en outre Une Vision du jugement dernier, dans laquelle Blake décrit ou plutôt recrée sous forme littéraire une fresque aujourd'hui perdue qui montrait les fins dernières de lHomme enveloppées d'un pardon universel.
Quen sera-t-il de laudience de Blake dans les années à venir ? Les aspects irrationnels, ou plutôt non mathématiques, de sa pensée devraient cesser de nous être étrangers. Dautre part, nous aurions mauvaise grâce à taxer doutrance ou dutopie une inspiration libertaire qui a conduit Blake à exécrer lesclavage, loppression des femmes, le travail forcé des enfants. (P. Leyris)



 
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