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Ludwig Achim Von Arnim, Mélusine et autres récits
Que connaît-on de Ludwig Achim von Arnim ? Son nom, sans doute. Sans doute les contes fantastiques, que Théophile Gautier traduisit en français en 1856, et que André Breton préfaça et réédita en 1933, de nouveau sous le titre de Contes bizarres. Il y eut depuis, bien sûr, dautres traductions et dautres éditions. Mais cest toujours au titre décrivain fantastique quArnim est inscrit dans nos livres et dans nos mémoires. Encore fut-il éclipsé par son contemporain, E.T.A. Hoffmann, que lon dit volontiers plus artiste, plus habile que lui, et qui fait autorité un maître de la littérature fantastique , bien quIsabelle dÉgypte ait précédé Le vase dor.
Cette édition souhaite donner à lire un autre Arnim que lauteur des seuls Contes bizarres que Breton fit redécouvrir. Par leur grande diversité de forme et de ton, les six récits retenus ici jusquà ce jour inédits en français (hormis Maria Melück Blainville) contribueront à rendre à ce génie singulier la richesse bigarrée, la truculence, léclat original de son inspiration, la veine réaliste, burlesque étant étroitement imbriquée à la veine fantastique. Peut-être Arnim cherchait-il dans le chaos des formes littéraires traditionnelles une réponse au chaos du monde ?
Ce livre contient :
Mélusine
Mélück Maria Blainville, prohétesse d'Arabie
Le Cantonnement au presbytère
Gare aux femmes chasseresses !
La Diligence brisée
Les Travestissements du précepteur fançais et de son élève allemand

Ici sarrête le fragment dune histoire, qui avait excité ma curiosité, brusquement, en milieu de page, sans révéler le moindre indice du tour quelle pourrait prendre. Il semble que du sang ait été versé sur les feuilles, elles sont agrafées à un parchemin ancien consacré aux vieilles familles des Pays-Bas, placé là à lorigine probablement dans lintention de recevoir des compléments dinformation sur lhistoire de ces familles, mais elles me sont échues avec le livre, dans une vente aux enchères à Louvain, pour une somme modique, et sans même que jaie soupçonné lexistence de ce supplément gratuit. En ces temps-là, on dispersait les livres comme les hommes, et on les détruisait, les hommes par les cartouches, les livres pour des cartouches. Un heureux hasard avait sauvé ce spécimen, un autre hasard fit mieux encore.
 
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