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William Beckford, Histoires du prince Ahmed,
collection romantique, éditions José Corti.
Avec lHistoire du Prince Ahmed, dont lédition a été établie daprès les manuscrits, nous clôturons le cycle beckfordien. Le temps est venu de rendre enfin raison à William Beckford, qui en 1832, âgé de 72 ans, écrivait à son agent libraire G. Clarke, Si jamais le monde découvre la clé de certaines publications, il trouvera que je nai pas été tout à fait oisif.
Dès louverture du Prince Ahmed le décor est planté :
Il y avait autrefois à Bagdad un riche joaillier nommé Hassan, veuf, père dun fils unique âgé de 25 ans, dont il ne savait que faire tant il était paresseux et dissipé. Nous sommes ainsi plongés dans tout ce qui fait la magie de lart du conteur, enrichi par les enseignements des mille et une nuits. Le conte est à la fois initiation et voyage, voyage à travers des histoires, des destins, des paysages imbriqués les uns dans les autres et où tout devient possible puisque limagination est la maîtresse du logis et quelle vagabonde avec une légèreté et une malice sans pareil. Au centre du labyrinthe enchanté, un jeune homme riche et beau que la vie ne cesse dintriguer, de provoquer, prêt à tout, comme létait William Beckford. Le Prince Ahmed est comme la face diurne de Vathek car cest sans doute à Vathek que ce dernier conte, écrit probablement postérieurement, fait surtout penser, il en est comme le reflet inversé. Les puissances des ténèbres sont prétextes à fantaisie et la noirceur cède à la lumière.

Il y avait autrefois à Bagdad un riche joaillier nommé Hassan, veuf, père dun fils unique âgé de 25 ans dont il ne savait que faire tant il était paresseux et dissipé. Le jeune homrne sappelait Ali Ben Hassan, ne restait presque jamais à la maison. On ne pouvait traverser les rues, ni les ponts, ni les places de la ville sans le rencontrer. De là, ce proverbe : être désuvré comme Ali Ben Hassan.
Ce fils dailleurs était aimable et ce nétait pas faute de savoir soccuper et samuser quil se livrait obstinément à loisiveté. Il ne manquait pas desprit, lisait, parlait, raisonnait, dansait parfaitement bien, faisait tout avec grâce. Sa figure plaisait aux dames de Bagdad.

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