Les éditions José Corti viennent de nous proposer un régal dans une préparation à la fois savante et vive de François Heurtematte qui resitue pour nous d'avenante façon et le choc que fut pour l'Europe, après la sortie en 1760, du premeir des livres de James Macpeson sous le nom d'Ossian ce déferlement lyrique qui devait fournir au pré-romantisme puis au romantisme lui-même une bonne part de son attirail, et l'ampleur de ce choc, lequel remua en profondeur les natures prêtes à un renouvellement de la sensibilité et des écritures. L'édition bilingue des textes, les traductions nous permettent de suivre l'étonnnant voyage gothique dans les profondeurs de l'âme dite populaire où les élans du cur survivent à une foison de mythes, d'ombres et d'orages apocalyptiques mis par le barde écossais à la disposition de tous. Il convient de se laisser faire, une certaine imprégnation permet d'aller au cur sensible de ces beaux textes.
Henri Deluy, Révolution, 22 juin 1990.