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Lichtenberg, Consolations à l'adresse des malheureux qui sont nés un 29 février,
éditions Corti.
De qui et de quoi se moque-t-on, dans les écrits de Lichtenberg ? De la sottise, en particulier et en général. Peu importe, au fond quelle soit incarnée par la pédanterie dun de Voss, ou que, comme dans les considérations sur les naissances le 29 février, on raille implicitement les usages, la logique et même larithmétique.
La satire vise toujours vers ce quelle tient pour plus bas quelle, quand bien même et cest en fait le cas le plus général le «bas» serait tenu pour élevé, supérieur, sublime, sacré.
Tous les moyens lui sont bons pour rabaisser le supérieur à linférieur, pour niveler et ne reconnaître ni Dieu ni maître, voire pour assimiler les valeurs les plus hautes aux excréments et aux orifices les plus abjects. Évidemment, tout le monde ne se hasarde pas à associer Dieu et merde, comme le célèbre Président Schreber dans sa folie psychotique. Mais se moquer de ce qui est élevé comme le Ciel, de ce qui est intangible comme le Bien et les grandes valeurs de lhumanité, ou encore de ce qui est respectable comme le Tragique ou inadmissible comme la souffrance de linnocent, la misère ou le malheur, voilà qui est le pain quotidien de lhumoriste.
Le livre contient les quatre textes suivants :
Consolations à ladresse des malheureux qui sont nés un 29 février
Contribution patriotique à une méthyologie des Allemands
Des queues : un fragment
Bé, Bé et Bê, Bê ; accents de mouton dans la Grèce ancienne et sur les bords de lElbe aujourdhui. Une étude littéraire, par lauteur de la Missive à la lune

On dira ce quon voudra, mais un homme qui na danniversaire que tous les quatre ans, nest pas comme les autres. Et quelquun qui na pas assez danniversaires dans sa vie, à bien des égards, ne me semble pas plus heureux que la gent la plus courante des pauvres diables qui ont trop de pères ; en effet, quoi de plus agréable pour limmortel qui est en nous que de voir et même de goûter sous cape, et de sentir quà part lui dautres de son espèce se réjouissent de ce quil existe et quil vive ?

 
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