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Ludwig BECHTEIN, Le livre des contes édition établie et traduite par Corinne & Claude Lecouteux collection Merveilleux n°45 L’histoire littéraire est parfois bien injuste. Très célèbre en son temps, le magnifique recueil de Bechstein (réédité plus de 45 fois du vivant de l’auteur, 105 tirages entre 1858 et 1922) n’avait jamais été traduit en France, victime probablement de la position hégémonique des frères Grimm. Certes, il vient après eux, et son auteur affiche sa modestie : « Je n’ai inventé aucun des contes présents. Je les ai en partie tirés de la tradition orale, en partie des écrits, mais je les ai retravaillés. » Son projet est donc radicalement autre que celui des deux frères puisque, au contraire d’eux, il retravaille et modifie même parfois les contes ce qui donne unité et saveur aux 107 contes qui ne recoupent que rarement ceux retenus par les Grimm. On l’a compris, Le Livre des Contes est le seul à avoir pu rivaliser avec les Grimm.Dans une langue très riche, truffée de proverbes, de jeux de mots, de termes étrangers et dialectaux, les contes de Bechstein sont d’une grande originalité, due à la variété des thèmes, des motifs et du ton, tantôt sérieux, tantôt léger et drôle, souvent plus crus que ceux des Grimm. Par leurs descriptions évocatrices, par les caractères exemplaires, les acteurs soient-ils bons ou méchants, ces contes sont un véritable enchantement, auquel la traduction rend pleine justice. Notons enfin que Claude Lecouteux a annoté chacun des contes, dont les origines précises sont données, tout ceci accompagné de riches annexes (Préface de 1853, table de concordance, index des motifs).Claude Lecouteux chez Corti :
Les contes, exactement les Märchen (de mar, récit, rapport), jouèrent au XIXe siècle un rôle essentiel dans l’élaboration d’un imaginaire spécifique au travers duquel se fera plus tard la définition du Volk, de ce qu’en français on nomme en donnant à la chose une « valeur » un peu différente « les vraies gens ». Les contes tout comme les illustrations de Ludwig Richter du Bilderbuch (le livre d’images) jouèrent un rôle politique indirect et très important dans cette affirmation bientôt redoutable de la « pureté » germanique. Dès 1812, année de parution des Märchen des frères Grimm, ce genre littéraire connut un succès considérable. D’origines multiples, souvent venus de la transmission orale, parfois repris de Perrault, ces contes servent de passerelle entre la « haute littérature » et le « goût populaire », ils serviront dans la seconde moitié du siècle à la diffusion de la culture populaire. Après les frères Grimm, la collation de contes prit avec Ernst Moritz Arndt (1769-1860) un tour expressément nationaliste, sinon même raciste, à la différent des frères Grimm chez qui l’affirmation nationale restait encore essentiellement démocratique. C’est dans cette tradition qu’il faut situer Ludwig Bechstein dont le Livre des contes est paru une première fois en 1845, il n’est pas à cette époque à en recueillir, Colshron et bien d’autres en tire après les frères Grimm autant. Le volume ici présenté contient un certain nombre de ces récits qui ont fait le tour de l’Allemagne comme Les Sept Souabes. Bechstein les a transcrits dans une langue déjà devenue assez conventionnelle, sans la netteté un peu brutale des frères Grimm. Les traducteurs ont ajouté des notes très instructives à ces contes et en ont très utilement souvent établi l’origine. Georges-Arthur Goldschmidt, La Quinzaine littéraire, 1er au 15 janvier 2011
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![]() 400 pages 2010 978-2-7143-1045-3 23 € Collection Merveilleux n°45 Illustrations |
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