Paul Bénichou, Variétés critiques. De Corneille à Borges,
     éditions José Corti.

Édition José Corti. José Corti
     
Ce volume contient :

Formes et significations dans la " Rodogune " de Corneille
L’idée de nature chez J.-J. Rousseau
Le grand œuvre de Ballanche
Le romantisme " Bousingot "
Victor Hugo et le Dieu Caché
Vigny et l’architecture des " Destinées "
Sur la " Pandora " de Nerval
À propos du " Guignon " de Baudelaire
Sur Mallarmé
Sur Borges I
Sur Borges II
Sur Borges III : " Le rêve de Colerige "
Sur Borges : " Post-Scriptum "
Réflexions sur la critique littéraire



     
HOMMAGE À PAUL BÉNICHOU

     CE GRAND CRITIQUE AVAIT COMPRIS QUE LA FRANCE EST LE PAYS QUI A INVENTÉ UN POUVOIR SPIRITUEL NOUVEAU : LA LITTÉRATURE, ET IL L’AVAIT CÉLÉBRÉE DANS DES ESSAIS MAJEURS, DONT LE SACRE DE L’ÉCRIVAIN ET LE TEMPS DES PROPHÈTES


     Paul Bénichou n’a cessé de professer des convictions à contre-pente, à contre-époque. Alors que l’air du temps dénigrait le discours explicite des auteurs sur leurs œuvres, au profit d’un sens caché détenu par une critique arrogante et omnisciente, lui tentait patiemment de «saisir le fil de leurs pensées sans trop les organiser». Alors que les intégristes du «texte» prétendaient s’y enfermer au mépris de tout autre savoir, lui se voulait attentif à la rencontre de l’œuvre conçue et de l’histoire vécue.
     Il s’agit de lire tout, sans chipoter, sans se fabriquer un Vigny ou un Nerval à la carte, et de lire tous : auteurs majeurs et mineurs, vedettes et seconds rôles, libelles oubliés, œuvrettes englouties, prophètes disparus.
     L’unité de ce long itinéraire tient dans la découverte d’une spécificité française. La France est le pays qui a inventé un pouvoir spirituel d’un type nouveau dans la chrétienté et qui a nom littérature.
     Paul Bénichou tenait pour évident le fait que «de la Bible à Montaigne et de L’Iliade à Baudelaire soit possible la vaste communication qui nous inclut tous». La littérature comme patrie commune, c’est la foi que nous lègue ce très jeune esprit que d’être hors mode a miraculeusement préservé de se démoder, c’est-à-dire de vieillir.
     
Le Nouvel Observateur, Mona Ozouf, 31 mai/6 juin 2001

     Paul Bénichou est né à Tlemcen en 1908 dans une famille juive algérienne. Interdit d’enseignement en 1940, il devient professeur en Argentine et regagne la France en 1949, après avoir publié «Morales du Grand Siècle», en 1948. Il entreprend alors l’immense enquête qui aboutira aux quatre grands volumes qui composent une histoire philosophique du romantisme français : «le Sacre de l’écrivain» (José Corti, 1973), «le Temps des prophètes» (Gallimard, 1977), «les Mages romantiques» (Gallimard, 1988), «l’Ecole du désenchantement» (Gallimard, 1992). Des livres sur le romancero espagnol, sur Nerval, sur Mallarmé et de très nombreux articles complètent ce majestueux ensemble critique.

Paul Bénichou

296 pages
1996
ISBN : 2-7143-0576-8
150 F
Éditions José Corti