Les premières recherches psychocritiques de Charles Mauron sur Van Gogh datent des années 1950-1951. La méthode, à cette époque, vient de faire ses preuves avec l’Introduction à la psychanalyse de Mallarmé, qui prolonge et développe les premières déductions de Mallarmé l’obscur. L’analyse psychocritique de Van Gogh va s’inscrire, en fait, dans une monumentale démonstration, qui consiste à appliquer simultanément la nouvelle méthode à trois grands créateurs représentant trois domaines, trois "langages" différents : Mistral, Racine, Van Gogh. Pour ce dernier, les recherches approfondies, à partir de la biographie, des tableaux et surtout de la correspondance, se situent dans le courant de 1951. Cette même année, Charles Mauron, en tant que maire de Saint-Rémy, organise dans cette ville l’exposition des œuvres que Vincent y avait peintes pendant son séjour, de mai 1889 à mai 1890. C’est l’occasion d’une première rencontre avec l’ingénieur V. W. Van Gogh, filleul et neveu du peintre, et Mme Nelly Van Gogh-van der Goot : là commence une longue amitié, faite d’estime réciproque. En ce printemps de 1951, Charles Mauron communique à l’ingénieur Van Gogh ses analyses sur Vincent, et apprend de lui, outre l’existence de l’importante étude psychiatrique publiée en néerlandais par G. Kraus en 1941, certains détails biographiques très significatifs. Arrive 1953, qui est l’année du Centenaire. Dans la revue Psyché Charles Mauron publie les substantielles et fondamentales Notes sur la structure de l’inconscient chez Vincent Van Gogh, en mars, il participe en Hollande aux manifestations du Centenaire – cérémonies solennelles, mais aussi rencontres savantes et amicales. Et le 31 mars, à Amsterdam, il achève le cycle de conférences officielles en parlant de Vincent et Théo. Désormais chaque année, ou presque, va voir s’accroître le nombre des exposés et des publications concernant Van Gogh.
     Rendre disponibles, en les regroupant des études souvent introuvables aujourd’hui, telle est, à l’origine, la raison d’être de ce volume. Aux articles désormais classiques sur La structure de l’inconscient chez Van Gogh, Vincent et Théo : une symbiose, Van Gogh au seuil de la Provence, nous avons adjoint plusieurs séries de documents. D’abord le texte, partiellement inédit, de la conférence prononcée à Anvers en 1955 sur La Personnalité de Van Gogh, qui, du fait de son caractère synthétique et global, méritait la première place. Puis les deux préfaces destinées à des catalogues d’expositions, l’une sur Vincent et Gauguin, l’autre sur Vincent et Monticelli. Ensuite, parmi les chroniques hebdomadaires publiées, quinze ans durant, dans le journal Le Provençal, celles qui ont trait à a vie, à l’œuvre et à la correspondance de Van Gogh : mainte synthèse rapide lumineuse, mainte conclusion esthétique originale ne se trouve que dans ces articles. Enfin il nous a paru intéressant, à plus d’un titre, de reproduire quelques-unes des notes de travail rédigées par Charles Mauron au fil de ses recherches et de sa pensée, à propos de tel épisode de la vie de Vincent ou d’un tableau particulier.

 

192 pages
nlle édition 1990
ISBN : 2-7143-0384-6
80 F