Dominique Carlat, Témoins de l'inactuel,
        éditions José Corti, 2007.
Édition José Corti. José Corti

 

Le discours commun de notre époque nous enjoint de « faire rapidement notre deuil » : la souffrance et le manque éprouvés à la disparition d’un proche seraient des atteintes réparables portées provisoirement à l’intégrité de l’individu. Des techniques seraient disponibles pour guérir ces blessures de l’âme.
Contre cette conception positiviste, cet essai analyse les marques laissées par le deuil dans l’écriture de quatre écrivains contemporains. Loin d’apparaître comme un accident secondaire, la confrontation avec le silence de l’être disparu exige de l’écrivain qu’il ré-examine la justification de son exercice de la parole. Epreuve, le deuil l’est donc à plusieurs titres : la mélancolie cesse de se nourrir de fantômes ou de désirs avortés pour découvrir la permanence du lien qui nous attache aux morts. Sans pathos ni grandiloquence, les poètes Claude Esteban et Michel Deguy et les essayistes Roland Barthes et Pierre Pachet nous offrent quatre parcours habités par l’insistance des absents, ces « témoins de l’inactuel » (Roland Barthes). Quatre imaginaires hantés par ce que Jacques Roubaud a si justement nommé quelque chose, noir. La prédominance de cette tonalité n’empêche nullement l’apparition d’autres nuances –humour, joie, colère, lucidité : celles-là même dont s’enrichit notre relation à la communauté.


     Du même auteur, aux éditions Corti : Ghérasim Luca l’intempestif



     


TABLE



Introduction 11

Chapitre I 27
“Je crois à ce qui relie” : le texte du deuil conteste
les médiations avant d’en fonder de nouvelles

Chapitre II 65
Le sens des proportions : Michel Deguy,
À ce qui n’en finit pas

Chapitre III 91
La protestation d’amour : deuil et nostalgie de la
littérature chez Roland Barthes

Chapitre IV 125
Adieu de Pierre Pachet : portrait de
l’absente, autoportrait de l’inconsolé

Pour suivre 149

Bibliographie 155





160
pages
2007
ISBN : 978-2-7143-0947-1
18 Euros
Éditions José Corti