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La poétique du récit de guerre de Jean Kaempfer.
Ce bel essai oppose le récit de guerre moderne à la narration classique, à partir de La bataille de Pharsale de Claude Simon, uvre qui court à travers toute létude comme pivot et fil conducteur. En effet, tout récit de guerre moderne revendique la singularité, réduit le point de vue, veut raconter la guerre " au plus juste ", refuse lépopée mais, dans le même temps, évoque des archétypes, telle la guerre civile de César qui, à lhorizon du livre de Claude Simon, devient la métaphore du moins en ce qui concerne la mort violente de Crastinus du récit dune autre guerre (40) où le fait isolé est privilégié " le récit de guerre se retourne sur la tradition quil périme " .
Il y a ici une grande densité, une précision et une clarté rare dans lanalyse des récits de guerre anciens César, Lucain, Polybe, Napoléon, etc. mais surtout est admirable lévocation de cette bataille de Pharsale, la vraie ; et le livre de Claude Simon en filigrane donne son unité et sa force au texte qui résume et contient tous les points de vue littéraires modernes, subjectifs, sur la guerre. Les prestiges de lépopée, les " mensonges glorieux ", évoqués avec une espèce de nostalgie secrète, semblent frémir encore dans les récits modernes Zola, Céline , en dépit de labjection dénoncée et par le biais même de la singularisation du point de vue. En ceci, le texte va au-delà du simple essai objectif.
Dautre part, à propos de lart de Claude Simon dans La bataille de Pharsale, lauteur explicite remarquablement le fonctionnement de luvre autour dun fait isolé et violent ramenant le narrateur à son " roman familial ".

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