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Arnaud Rykner, Paroles perdues, collection Les Essais, éditions José Corti. Édition José Corti. José Corti
Les manques du langage, les obscurs grouillements des tropismes, la vue qui empêche la vision, l'impuissance du théâtre à donner vraiment à voir, enfin tout ce qui évoque la difficulté d'atteindre la vérité du "petit pan de mur jaune", tout ceci et les différents moyens pour les approcher est suggéré dans cet essai dense et brillant qui semble en quelque sorte forcer le silence, ou plutôt le traquer à travers les expériences d'auteurs tant classiques (Marivaux, Racine, Molière) que contemporains (Michaux, Beckett, Saraute, Duras) avec un passage par le naturalisme et le symbolisme fin de siècle.
Aux "failles" décelables dans "le joyeux bavardage" de Figaro, dans la parole victorieuse de Célimène ou de Don Juan, s'ajoutent les "trous" du dialogue théâtral car le texte ne "fait pas sens" seul mais nécessite l'"horizon scénique" : la voix de l'auteur est partout, les contemporains exploitant la limite du langage (Novarina, Beckett). Pour échapper aux manques du langage théâtral il faut y introduire l'authenticité quand la parole piège la représentation.

Avant-propos
Figaro, Célimène, Dom Juan : trois faillis
Ouverture(s)
I. Faillite du dialogue
II. Poétique du silence :
paroles ouvertes, paroles fermées
III. Dire linvisible, montrer lindicible
Conclusion 1 : retour au théâtre
Conclusion 2 : retour à la littérature
Parcours critique
Vers un art de la faille (le carrefour sarrautien)
I. Narcisse et les mots-miroirs
(Sartre, Leiris, Sarraute autobiographes)
Paroles et silences : une théâtralité négative
II. Mithridate ou beaucoup de bruit pour rien
(Racine,le politique et le tragique)
III. Théâtre et exorcisme : les écorchés de la parole
IV. Des tropismes de lacteur à lacteur des tropismes
V. Henri Michaux : la voix de lAutre, les voix du Moi
(Notes sur la théâtralité)
Frontières du visible : naissances du dispositif
VI. Du beau, du laid, du réel
et de quelques confusions
(Autour du naturalisme au théâtre)
VII. Maeterlinck, Joyzelle et la Chose ou la revanche
de Caliban
VIII. Écrans et écrins sarrautiens : lInconnu du portrait
Du visible au visuel : la représentation émancipée
IX. Changement doptique :
le regard naturalo-symboliste sur la scène
X. Photographie et crise du drame :
Le Canard sauvage dHenrik Ibsen
XI. La scène hors la scène
(Mettre en scène, mettre hors-scène)
XII. Holocauste et labject de la représentation
XIII. Marguerite Duras et le paradoxe du regard
Post-scriptum
Note bibliographique
Index

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