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Michel Raimond, La crise du roman : des lendemains du Naturalisme aux années vingt, éditions José Corti. Édition José Corti. José Corti
Ce volume contient :
Avant-propos.
La crise du Roman : effervescence théorique ; ses significations.
Une crise intérieure : métamorphose du genre.
Limites temporelles du sujet. Méthode et plan.
PREMIERE PARTIE : LES PRODOMES.
CHAPITRE I : La crise du roman naturaliste.
1. La querelle de La Terre, symptôme d'une crise du roman naturaliste.
2. Les insuffisances esthétiques, intellectuelles et morales du Naturalisme.
3. Les enquêtes de 1891 : Mort et survie du Naturalisme.
4. Orientations nouvelles : Zola, Maupassant, Huysmans, Mirbeau, Renart, Rosny.
CHAPITRE II : Les avatars du roman.
1. L'idéal d'un roman de synthèse au lendemain du Naturalisme.
2. Les multiples avatars du genre et les inquiétudes sur le roman de l'avenir.
3. Les incertitudes concernant la notion de roman : le "patron intérieur" des critique, le Roman contre le Roman, le mépris de l'affabulation.
CHAPITRE III : Le mépris du roman.
1. De Renart à Barrès.
2. Causes et contenu de ce mépris du Roman : sources lointaines ; la désinvolture ; l'âge d'or du conte ; la renaissance de l'idéalisme et le dégoût du contingent ; le wagnérisme ; Barrès et le Roman ; deux anti-romans : La soirée avec M. Teste et Paludes.
3. Du mépris du Roman au culte du Roman. Le roman et l'esprit fin de siècle : le Naturalisme, paradis perdu du roman.
DEUXIEME PARTIE : LA QUERELLE DU ROMAN
CHAPITRE I : Le discrédit du roman
1. Le sentiment de la dégradation et de la confusion du genre de 1900 à 1914.
2. Le sentiment de l'infériorité du roman français devant le roman étranger.
3. Générations nouvelles, exigences nouvelles, les nouvelles orientations du roman à la veille de la guerre.
CHAPITRE II : Le roman et la littérature industrielle
1. La surproduction du roman et les plaintes des critiques au lendemain de la guerre.
2. Commercialisation et industrialisation de la littérature. Les maladies de la littérature.
3. Quantité et qualité. L'inflation littéraire. Une littérature déchue.
CHAPITRE III : Le procès du roman.
1. La querelle du roman.
2. Les réquisitoires contre le roman. Lukacs pour mémoire ; escarmouches ; les critiques de Paul Souday ; le conflit de l'art et de la vie, Rambaud, Benda, Massis ; le Surréalisme et le Valérysme contre le Roman ; une campagne contre le Roman.
3. Les défenses du Roman.
CHAPITRE IV : La définition du roman
1. Besoin et difficulté d'une définition : des nomenclatures à l'analyse de la notion de roman.
2. Mais dans l'ensemble les considérations demeurent banales, qu'on fonde la notion du roman sur le passé du genre, sur la matière qu'il embrasse, sur le traitement qu'on lui fait subir, sur la fonction qu'on lui attribue.
3. Les vertus cardinales du Roman selon Paul Bourget.
4. Le roman et les autres genres : le roman et le conte ; le roman et la nouvelle ; le roman et le récit.
5. L'idéal et la chimère du roman pur.
CHAPITRE V : Le déclin du roman
1. Sentiment que le roman est un genre qui meurt : les propos sur la crise du genre ; la concurrence de la réalité ; une génération d'essayistes ; l'absence de conflits ; un idéal en faillite ; des tentatives désordonnées de renouvellement.
2. La supériorité du roman étranger : atmosphères nouvelles ; survivances de la conscience morale ; au delà du réalisme ; le festival des techniques.
3. Sentiment d'instabilité et d'attente. Diversité des opinions sur le passé, le présent et l'avenir du roman. La figure chimérique du roman de l'avenir.
TROISIEME PARTIE : LES METAMORPHOSES DU ROMAN
CHAPITRE I : Le roman et les idées.
1. "Roman traditionnel" et "roman à la mode nouvelle".
2. Mue du roman à la fin du XIXe siècle : réalité et pensée : Paul Adam, Barrès, Péladan, le roman à thèse, le roman d'analyse, le roman idéologique.
3. Les deux pôles du romain : expression et représentation.
CHAPITRE II : Ambition poétique et dislocation du récit (1887-1897)
Les conceptions du roman-poème au lendemain du Naturalisme. Le roman-poème de d'Annunzio selon Rémy de Gourmont. Le Naturalisme et les difficultés du roman poétique. Roman-roman et roman poétique selon Bourget. Les romans poétiques de Francis Jammes. Les "proses" et la dislocation du récit. Les Paysages de Poictevin. De Poictevin à Proust. Les Nourritures terrestres et le roman-poème.
CHAPITRE III : Poésie et roman : la genèse du Grand Meaulnes (1905-1913)
1. L'idéal de Fournier en 1905 : être poète tout en étant romancier.
2. La tentation de la poésie (1905-1910).
3. La résolution du romancier (1910-1913).
CHAPITRE IV : L'âge du roman poétique (1920-1930).
1. Situation historique et horizon intellectuel du roman poétique.
2. L'esthétique du roman poétique selon Le Cardonnel, Du Bos, Gilbert de Voisins, Robert Pignarre, Robert Poulet.
3. Les modalités du roman poétique. Le fantastique quotidien de Jules Renard à Alexandre Arnoux. Une réalité de rêve. Le "merveilleux quotidien". Romans poétiques de Barrès. La "paysannerie épique". La ferveur devant la vie.
4. Métamorphoses du roman chez Giraudoux et chez Ramuz.
CHAPITRE V : Les romans du roman.
Les romans du romancier et les romans du roman.
La dérision du roman au sein du roman.
Engouement pour les genèses.
Les échafaudages de la genèse : le Journal des Faux-Monnayeurs, le Journal de Colère, Allen.
Dérision du roman ou religion du roman ? Jacques Arnaut et la Somme romanesque de Léon Bopp.
QUATRIEME PARTIE : LES NOUVELLES MODALITES DU RECIT.
CHAPITRE I : Le monologue intérieur.
1. Exposé des faits essentiels.
2. La recherche des antécédents et les origines du monologue intérieur.
3. Tentatives de définition du monologue intérieur : exprimer la vie totale de l'âme ; saisir une réalité profonde ; les rapports du procédé avec le bergsonisme, le surréalisme et le freudisme.
4. Périls et limites du procédé. Antinomie de l'impression et de l'expression ; impossibilité pour le langage de saisir la vie psychique dans sa multiplicité simultanée ; le secret d'une intimité et la communication d'un discours.
5. Autre définition : technique nouvelle de présentation, moins vouée à l'expression du moi profond que chargée de révéler la subjectivité d'un point de vue. Critique de l'omniscience du romancier.
6. L'aménagement du monologue intérieur dans le roman français. Les gaucheries de Dujardin, Proust sur les frontières du procédé. Larbaud ou la revanche de la mesure. Jean Schlumerger et le monologue intérieur de la possession de soi.
7. Bilan de l'après-guerre. Le monologue intérieur et l'entrée de la poésie dans le roman ; la juxtaposition des monologues intérieurs et la diversité des points de vue.
CHAPITRE II : Les scrupules du point de vue.
1. Au lendemain du Naturalisme.
Préhistoire de ces scrupules et position du problème.
Dislocation de la description : subjectivisme de Bourget et de Maupassant ; de la première vague symboliste ; un débat : Zola juge de Stendhal ; Marcel Schwob et la description progressive ; le symbolisme et la critique de la description.
La technique du point de vue et le mystère d'autrui.
Les scrupules du point de vue et les prodomes d'une crise du récit : batailles stendhaliennes ; bribes de monologue intérieur ; incidences sur la temporalité ; l'ordre des événements et l'ordre de la découverte.
La technique du point de vue et une métaphysique de la solitude : un idéal du roman futur.
2. Le début du XXe siècle.
Evanouissement de ces scrupules. L'apport des romanciers anglo-saxons.
La querelle Copeau-Bertrand.
La réalisation du point de vue en un sens temporel.
Le réalisme subjectif de Ramuz selon Jean Choux.
3. L'après-guerre. Un climat favorable aux considérations sur le point de vue ; influence de la relativité ; redécouverte de Gobineau ; influences du cinéma ; influences étrangères.
CHAPITRE III : Les significations du point de vue.
1. Le solipsisme proustien.
La limitation du point de vue.
Les progrès de la connaissance.
Expérience perceptive et omniscience.
La vision subjective de l'espace.
Le regard indiscret.
2. La diversité des points de vue dans Les Faux-Monnayeurs :
- Les intentions de Gide,
- La mise en uvre :
les interventions directes,
les modalités du récit impersonnel,
les événements découverts de biais.
- Valeur de cette technique : un art ou un artifice ? Valeur esthétique ; valeur psychologique ; l'éclatement de l'événement en représentations diverses.
- Un certain schéma des rapports humains : l'univers du biais.
3. L'ombre de Gide sur Les Thibault.
CHAPITRE IV : Les modalités du point de vue.
1. Découverte du réel par une conscience centrale. La philosophie de ce roman selon Alain. La conscience centrale est celle du héros. Celle d'un témoin.
2. Plusieurs consciences reflètent une réalité donnée. L'Appel de la route d'Estaunié. Le romantisme de l'isolement et la crise du roman. L'honorable partie de campagne de Thomas Raucat. L'Impudente de Deberly. Le Désert de l'amour de François Mauriac. Le Miroir à deux faces de Jacques Boulenger. L'Homme Vierge de Marcel Prévost.
3. Bilan de la période étudiée.
Exigence croissante de rigueur dans l'ordonnance du récit par rapport au point de vue choisi.
Omniscience et humilité du romancier. Vers le système du réalisme subjectif et conclusion.
CHAPITRE V : Les métamorphoses de la composition.
Au lendemain du Naturalisme.
Querelle Bourget-Thibaudet.
Vers un nouveau type de composition.
Les débats sur la composition de la Recherche du Temps perdu.
Les Faux-Monnayeurs, art de la fugue ?
Caractère général de la période envisagée.
CINQUIEME PARTIE : UNE NOUVELLE PSYCHOLOGIE DU HEROS
CHAPITRE I : La psychologie des profondeurs.
1. Un nouveau héros de roman en gestation à la fin du XIXe siècle. Critique du personnage conventionnel. L'apport de la nouvelle psychologie : associationnisme tainien, multiplicité de la personne, l'inconscient. Les premières tentatives de Bourget.
L'apport du roman étranger.
Un débat : analyse et psychologie du comportement : Mirbeau ou Bourget ?
Portrait de notre héros : Le Disciple.
- la multiplicité de la personne : R. Greslou.
- complexité psychologique et relief romanesque : Sixte,
- l'inconscient.
Héritage de Paul Bourget.
2. Nouvelle psychologie romanesque au lendemain de la guerre. Critiques de la raideur des personnages tout d'une pièce. Multiplicité des influences étrangères en ce domaine. Le freudisme et une meilleure compréhension de Dostoïevski. Etudes et enquêtes. Conclusion.
CHAPITRE II : Marcel Proust et la dissociation de la personne.
Proust et le freudisme. Dissociation proustienne et maturation bergsonienne. La complexité des caractères. La métamorphose des caractères dans le temps. La diversité des points de vue.
Mais le relief romanesque du personnage est sauvegardé.
CHAPITRE III : La psychologie de l'illogisme et ses problèmes.
Complexité de cette psychologie de la complexité.
Julien, Emma et Salavin.
Menaces pour le roman. Réflexions sur le personnage vivant.
Une psychologie profonde et logique : La Bonifas.
CHAPITRE IV : La psychologie de l'inconscient et ses problèmes.
Jacques Rivière : De Dostoïevski et de l'Insondable.
Dangers et facilités d'une psychologie romanesque de l'inconscient.
Un exemple : Thérèse Desqueyroux.
Bernanos : L'inconscient et la grâce.
Conclusion : Surface et Profondeur
CHAPITRE V : Le romancier et ses personnages.
La révolte du personnage.
Influences qui ont contribué à constituer ce mythe de l'indépendance du personnage. Divers témoignages.
Le créateur et ses créatures.
Réserves ironiques de Valéry ou de Pourrat.
Réflexions sur le sens de ce mythe. Réflexions sur sa valeur historique.
Les modalités de sa dépendance.
Ambiguïté de la position du romancier. L'autobiographie comme idéal. L'autobiographie comme tentation à surmonter.
Le secret de l'aliénation du romancier.
L'autobiographie des possibles. Sa signification historique. Unité de la période envisagée.
CONCLUSION
Suivre les débats de jadis, une introduction à des débats plus récents ; les vertus de cette introduction.
La métamorphose du roman des lendemains du Naturalisme au premier après-guerre : de Balzac à Proust.
La crise du roman, reflet d'un drame intellectuel.

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