Maryline Heck | Georges Perec
Le corps à la lettre
éditions Corti, 2012. Édition José Corti. José Corti
Le corps pourrait passer pour le grand absent de l’œuvre de Perec alors même que lorsque l’on pense à lui vient aussitôt à l’esprit le corps que Perec s’est composé au fil du temps avec sa barbe et sa chevelure proliférantes. L’écrivain oulipien, familier des jeux avec l’intertextualité, a bâti une œuvre plus évidemment caractérisée par son formalisme, son abstraction même, que par la place qu’elle donne à la sensation ou à la sensualité. Le discours critique de fait ne s’est jamais véritablement emparé du motif. Perec, écrivain anachronique, en un siècle qui a vu l’essor des « écritures du corps » ?
Cet essai se donne pour ambition de proposer de nouveaux parcours au sein de la poétique perecquienne.
Marilyne Heck, née en 1978, ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure en philosophie, agrégée de Lettres Modernes, est Maître de conférences à l’Université François Rabelais de Tours.
Table des matières
INTRODUCTION
Fictions du corps
Des pleins et des déliés
PRÉAMBULE : Écrire contre le corps ?
La « contrainte par corps »
Liberté sous caution
La contrainte et le parachute
Texte/sexes
Le « bredouillement » et le pilotage automatique
La contrainte et le contrat : l'Oulipo chez Masoch
PREMIÈRE PARTIE : Histoires de l'œil
La sensation à distance
L'« infra-ordinaire », une école du regard
Retour au corps
DEUXIÈME PARTIE : « Signe particulier : néant »
« Vigne, virus, ville, village, visage »
Esquisses d'un (auto)portrait
Paysage avec figure absente
La Shoah et la négation des visages
Ports de mer
Apparitions/disparitions
TROISIÈME PARTIE : Une écriture « blanche »
Blanc ou l'oubli
L'« écriture blanche », singulier et pluriel
« Degré zéro » et degré un : l'écriture en mouvement
Le blanc des origines : poétique des commencements
Des blancs dynamiques
Poésie blanche ?
Carrés blancs sur fond blanc
QUATRIÈME PARTIE : Le corps de la lettre
« Peauésie »
La cicatrice et la grande hache de l'Histoire
Perec, Proust et la mémoire du corps
L'alphabet sur la peau
Un homme de lettres
Le X, signe de l'inconnu
La « croix de Saint André »
Classé X
Linguistique de la torture
Leiris et la saveur de l'alphabet
Des signes mutilés
CINQUIÈME PARTIE : Poétique du « texte-corps »
Un programme de la modernité
Préliminaire : l'inscription du geste et l'écriture « performative »
Habiter la page
Des parcours dans le texte
La « contrainte par corps »,
Une esthétique de la trace
Le geste du regard
La contrainte « existentielle »
ÉPILOGUE : Mélancolie de la modernité
Une mélancolie blanche
INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES
POSTFACE : Claude Burgelin
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