Actes du colloque de Cerisy-la-Salle | [26 août-2 septembre 2013]

Philippe Beck, un chant objectif aujourd'hui |
Direction : Isabelle Barbéris, Gérard Tessier  | Corti 2014        

À Cerisy-la Salle, en août 2013, la décade consacrée à l’œuvre poétique de Philippe Beck a marqué, révélant la force générale d’un chant en devenir (ainsi du « Projet Merlin »). La pensée de la poésie maintenue en sa nécessité politique (Benoît Casas, Tristan Hordé), un agencement sensible s’est ouvert à l’interprétation (Tim Trzaskalik). Des manières de lire ont approché une rédification, une réfection objective et « plus que lisible » (Jean-Luc Steinmetz), une poésie qui démontre une “confiance dans la poésie” (Gérard Tessier) et fait apparaître la matière de la langue même (Annie Guillon-Lévy, et Jean-Luc Nancy à propos de l’ « Ouverture » des Chants populaires). S’est confirmée l’hypothèse d’une poétique qui, issue des rythmes anciens, relance l’oreille expérimentalement, capte le monde et le « compromet » (Judith Balso), “clairon” plutôt que “berceuse”. En l’absence si présente de Jean Bollack, qui sut voir en Beck un poète majeur, s’est peu à peu déplacée une interprétation en termes étroitement post-célaniens. Alain Badiou a pu conditionner la réouverture d’un « Âge des poètes » au « post-célanisme conséquent» de Beck, démontrant d’ailleurs la force politique de la « fable politique » beckienne. D’autres ont dévoilé des aspects singuliers de la poétique : le “dur” et le “rude” dans la diction (Martin Rueff), l’érudition moderne (Rémi Bouthonnier), la « décision du vers » (Stéphane Baquey), la critique du post-romantisme, les proses (Tiphaine Samoyault), l’adieu au prosimètre dans l’expression de la « Poésie-Moïse », la tradition et le renouveau du langage (Béatrice Bonhomme, Yves di Manno), la dramaturgie du poème (Isabelle Barbéris, Jérémie Majorel), le croisement des arts (Isabelle Garron, Gérard Pesson, Marcelo Jacques de Moraes), la contrainte sentimentale schillérienne (Jacques Rancière), la figure de l’impersonnage “garant” de la parole (Natacha Michel) dans la « chambre ouverte du poème » (Guillaume Artous-Bouvet), le cœur maintenu après la fin du lyrisme subjectif (Antonio Rodriguez), la figure animale, à la fois allégorique et littérale (Pierre Ouellet), « l’antipathie » (Xavier Person) dans le « système des personnages » (Paul Échinard-Garin), la méthode « didactique » du “regret du futur” après Brecht (Günter Krause)... Les réflexions suscitées par « le geste rebelle » qui « manquait depuis les Illuminations» (Jacqueline Risset) sont désormais engagées au terrain solide, dialogique et interdisciplinaire, des chercheurs et des créateurs.

Toutes les discussions qui ont suivi chaque communication sont en ligne sur notre site. Suivre les liens sur les noms de chaque intervenant (ou dans la table ci-dessous).
[La transcription de ces discussions a été opérée et vérifiée par Gérard Tessier et Isabelle Barbéris, aidés de Noémie Parant, Maxime McKinley, Neysa Barnett, Tristan Hordé, Vincent Wistrand, Alain Guillon, Guillaume Artous-Bouvet.]


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584 pages
2014
978-2-7143-1134-4
29 Euros

Éditions Corti