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À cheval entre la fiction et lessai ou chevauchant en équilibre sur les deux, ce livre inclassable de Julián Ríos inaugure un nouveau genre. uvre de "critique fiction" ou critique dialectique et commedia dellarte, elle simprovise et sorchestre à travers les dialogues de trois personnages une jeune lectrice, un lecteur averti et un vieux critique, sortis tous trois dun songe de Larva qui parcourent les galeries et rayons dune fascinante bibliothèque pinacothèque de Babel. Comment une même uvre apparaît-elle aux trois différentes étapes de la maturité critique ?
La Vie sexuelle des mots explore avec humour, aménité, érotisme mais aussi maestria verbale, les trois domaines qui constituent le centre créatif de luvre de Julian Ríos la littérature, les arts plastiques et la passion, dans toutes ses acceptions, pour les mots. Dans ces pages, ceux-ci font réellement lamour, au pied de la lettre, et atteignent au climax dans la dernière partie, significativement intitulée "Voie principale", où plaisir charnel et plaisir verbal se mêlent, se confondent en une étreinte étroite.
Au fil des pages, nous croisons Joyce et compagnie, Juan Goytisolo, Arno Schmidt, Carlos Fuentes mais aussi Arroyo, Colomer, Saura ou Kitaj.
Il devient clair que la rhétorique est, en fin de compte, une érotique car toute écriture, toute parole est palimpseste : "pâle inceste".
Poétique, ludique, lucide et ironique, le livre de Julian Ríos est une bouffée dair frais dans le monde de la littérature de consommation. Cest aussi une pirouette et un jeu réservés à ceux qui savourent les fêtes de la langue.
Ríos fait sienne la sentence de Gombrich "Ce qui est vu dépend de ce que lon sait". Depuis le Cratyle de Platon, beaucoup décrivains ont cherché à répondre à la question du rapport entre les Mots et la Pensée ; Ríos nous livre ici in vivo le fruit de son expérience.

B : Plus d'un demi-siècle après sa mort, peut-on dire que Joyce est toujours un incompris ?
C : Il me semble que ses dernières paroles, en ce petit matin du 13 janvier 1941, à l'hôpital de la Croix-Rouge de Zurich, ont été : "En est-il un qui me comprenne ?
A : Peut-être qu'il récitait ou que résonnait une des lamanetaitons de la fin de sa dernière uvre.
C : Oui, celle de l'avant-dernière page.
B : La p. 627.
A : Lamentations avant la mention...

 
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