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Quevedo, Sonnets, Collection Ibériques, Corti 2003 Gentilhomme fier de son lignage asturien, homme de cour et homme daction, homme de lettres (à savoir instruit dans les humanités, comme le disait alors lexpression espagnole : hombre de muchas letras), Quevedo fut, en son temps (ce Siècle dOr où lEspagne triomphante touchait à son déclin), avec toute la grandeur et la misère quimplique cette formule dUnamuno ; « nada más ni menos que todo un hombre ». Il fut aussi et, peut-être, surtout écrivain. José Luis Borges naffirme-t-il pas : « Comme Joyce, comme Goethe, comme Shakespeare, comme Dante, comme autre écrivain, Francisco de Quevedo est moins un homme quune vaste et complexe littérature. » Por el hilo se sacará el ovillo. Soit : on jugera de la pièce par léchantillon. Puissent les quelques sonnets ici présentés ne pas démentir ce proverbe, et laisser entendre, dans leur traduction, le diapason poétique de Francisco de Quevedo : telle est lambition à laquelle nous encourage notre modèle lorsque, dans le microcosme nacré dune huître perlière « orgueil de la mer indienne et moresque » , il fait jouer ensemble les reflets du ciel et de leau ; ou aussi, à propos du portrait de Lisi quil avait dans une bague, quand il écrit : « Dans une brève prison je tiens captif avec toute sa famille dor ardent, le cercle de la lumière resplendissante Je porte le champ étoilé que paissent les fauves den haut à lumineux pelage et en cachette du ciel et de lOrient un jour de lumière et de naissance plus clair. » SIGNIFÍCASE LA PROPIA BREVEDAD DE LA VIDA, SIN PENSAR, Y CON PADECER, SALTEADA DE LA MUERTE ¡Fue sueño ayer; mañana será tierra! ¡Poco antes, nada; y poco después, humo! ¡Y destino ambiciones, y presumo apenas punto al cerco que me cierra! Breve combate de importuna guerra, en mi defensa, soy peligro sumo; y mientras con mis armas me consumo, menos me hospeda el cuerpo, que me entierra. Ya no es ayer; mañana no ha llegado; hoy pasa, y es, y fue, con movimiento que a la muerte me lleva despeñado. Azadas son la hora y el momento que, a jornal de mi pena y mi cuidado, cavan en mi vivir mi monumento. QUE LA VIE EST BRÈVE ET QUE LASSAUT DE LA MORT NEST PAS MOINS DOULOUREUX QUINATTENDU Le songe hier ; et demain la poussière ! Rien un peu plus tôt ; peu après, la fumée ! De mes ambitieux desseins je me flatte, moi, un point dans le cercle qui menserre ! Bref combat dune importune guerre, je suis pour mon salut péril suprême ; et comme de mes armes je maccable, moins mabrite ce corps, quil ne menterre. Hier nest plus ; demain nest pas arrivé ; le jour passe, il est, il sen est allé ; et sa course dans la mort me précipite. Pics sont les heures et chaque moment qui, au prix de ma peine et de mon souci, creusent à même ma vie mon caveau. La dédicace du traducteur sur France Inter : "En la paix de ces déserts retiré,/ parmi des livres plus savants que nombreux,/ je vis dans le commerce des défunts/ et avec mes yeux j'écoute les morts./ Toujours ouverts, sinon toujours entendus,/ ils amendent ou fécondent mes travaux ;/ dans l'harmonieux silence de leur contrepoint/ au songe de ma vie ils parlent éveillés.(...)/ En fuite irrévocable échappent les heures ;/ mais celle-là se marque de pierre blanche/ qui par studieuse lecture nous rend meilleurs." Montrer que le poète espagnol du Siècle d'Or, Francisco de Quevedo, n'a pas seulement vécu dans le commerce des défunts, et que, dans l'harmonieux silence de leur contrepoint, ses sonnets continuent de nous parler au présent, telle a été mon ambition de traducteur. (Bernard Pons) |
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Quevedo, |
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