En découvrant les premiers textes d’Amparo Amorós, la critique espagnole choisit de la situer “dans la ligne d’une pensée poétique qu’Unamuno et Cernuda, partant des poètes métaphysiques anglais, réclamèrent pour la poésie espagnole contemporaine.” Si on l’interroge, Amparo Amorós se reconnaît pour maîtres Hölderlin, Rilke et en général les poètes visionnaires, l’Éliot des Quatre quatuors, Saint-John Perse ; dans la tradition espagnole, Manrique, Jean de la Croix, Quevedo, Bécquer, Juan Ramón Jiménez, Cernuda.
     “Ma poésie nait d’une poétique de l’intensité, dans laquelle la précision, l’économie expressive et la tension entre l’expérience passionnée qui engendre le poème et la forme, souvent contenue, qui la traduit, s’efforcent de produire chez le lectur (que je voudrais complice) une émotion profonde et intime qui n’a rien à voir avec l'épidermique débordement sentimental.”

     Amparo Amorós est née à Valence. Elle est aussi essayiste et critique littéraire.


     Dépris,
     a traversé la solitude
     un aigle
     Aux yeux vides.
     L’épaisseur est le bois
     liminaire
     de ses ailes.
     En voûte de vol
     couvre la forteresse
     une arbalète vive
     projetée sur la hauteur.
     Son ombre
     en se glissant
     frôle la pierre ardente
     comme un fleuve jais
     qui sur le ciel débouche
     et l’ombre du touher
     évanouit au passage
     les murailles.


     Dans la proximité poétique de Jimenez, Rilke, Celan et des “Métaphysiques anglais”, une voix toute de ferveur et d’intensité.
     Patrick Kéchichian, Le Monde, 18 août 1989.

   





Traduit par
Laurence Breysse
128 pages
1997
ISBN : 2-7143-3010-2
75 F

Poésie
Bilingue