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Carlos de Oliveira, La Maison sur la dune, Colection Ibériques, éditions Corti Il sagit ici de lun des chefs-duvre dOliveira dont nous avions déjà publié deux ouvrages. Il existe, sur la lande, des hameaux solitaires, perdus au milieu des pinèdes, au bout du monde. Des hommes y vivent, qui sèment et récoltent quand lété brûlant a épargné les épis, et que lhiver ne sabat pas en trombes deau et de boue. Sinon, ce ne sont plus que branchages tordus, fondrières, solitude, sur ces terres désolées. Dans lun de ces trous perdus se trouve un étang, que les chaleurs de juillet mettent à sec. Le village sappelle Corrocovo, et létang na même pas de nom. Quand leau disparaît dans le sol, le fond tout fendillé se couvre de joncs. Les femmes viennent les couper, les étalent au soleil et les tressent pour en faire des nattes, quelles vendent lors des foires au bourg de Corgos. Mariano Paulo et ses amis descendent du domaine des Paulo, et sen vont à létang chasser les canards sauvages, que lautomne emporte déjà vers les terres chaudes du Sud. Le marais répand les fièvres dans les masures au bord de leau, et abrite les oiseaux pour que ces messieurs du village les tirent au fusil. Des oiseaux transis de froid, des chasses crépusculaires. Le Dr Seabra et Guimarães viennent de Corgos, invités par Mariano Paulo. Ce sont là les seuls amis quil ait gardés au bourg. Les autres se sont faits de plus en plus rares, ont disparu peu à peu, après la mort de Dona Conceição et du vieux Paulo. Morts désormais, le tumulte dautrefois dans la grande demeure de Corrocovo, le brouhaha des soirées quand les gens de Corgos remplissaient les vastes salles. La vie de Mariano Paulo nexigeait plus de bien grandes fêtes. Une vie de sable aride, comme le terrain du domaine. Et les amis cessèrent de venir, la maison redevint silencieuse. |
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Traduit du portugais par Françoise Laye 176 pages 2007 ISBN : 978-2-7143-00949-5 16 euros |
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