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Été (1915), publié à Madrid en 1916, fut écrit à lépoque des fiançailles de Juan Ramón Jiménez et de Zenobia Camprubí Aymar.
Après une première période moderniste et mélancolique, il annonce lesthétique de la poesía desnuda, exempte de toute ornementation superflue et déprise de tout excès de sentimentalisme, où sépanouira le génie de Jiménez.
Le thème primordial de ce livre est lamour. Lamour pour une femme bien réelle, en chair et en âme, mais transfigurée et comme projetée sur un ciel idéal : Toutes passent, vertes, grenat
/ Toi tu es là-haut, toute blanche
. La violence des émotions, la ferveur et la profondeur de la rêverie, lacuité des intuitions, donnent ici à laventure personnelle une valeur universelle. Dans ces rythmes où sallient avec élégance lidée et la sensation, toute passion damour peut trouver son écho :
moi et toi, désormais, nous sommes toi et moi,/ comme la mer, comme le ciel / sont ciel et mer, sans le vouloir.
Parfaitement maîtrisées dans leur forme, gorgées dimages superbes et délicates, ces pages gardent intacts léclat et la fraîcheur de la saison en amour, tourmentée et passionnée, où elles furent composées :
En ce baiser, ta bouche / en ma bouche sema / le rosier aux racines / qui dévorent le cur
Auteur dune uvre poétique et critique considérable, Juan Ramón Jiménez reçut le Prix Nobel de littérature, en 1956, pour sa poésie lyrique qui, en langue espagnole, constitue un exemple de haute spiritualité et de pureté artistique.

PAROLE GROSSIÈRE
Plus froide et plus décomposée
que morte, plus seule et plus laide,
posée là, comme une fleur
puante sur une steppe.
Du fiel pour ce méchant oiseau
dont le chant vous met mal à laise.
Et toi qui dis cette parole,
te voilà, pareil à Dieu,
lorsquavec son immunité,
un monstre, par caprice, crée.


 
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