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La Trame inhabitée de la lumière de Jean Laude.
Les poèmes qui composent ce recueil ont été écrits au cours des années soixante-dix ; ils constituaient pour Jean Laude un jalon essentiel entre Les plages de Thulé et ses recherches les plus récentes. A mes yeux ils représentent plutôt un point d'équilibre et d'aboutissement de tout son travail poétique. Il est important que ces poèmes soient publiés ensemble, comme le voulait Jean Laude ; car La trame inhabitée de la lumière est plus qu'un recueil : un véritable livre, dont la construction musicale ménage, d'un texte à l'autre, de multiples échos formels et thématiques.
Il me semble que Laude atteint là un équilibre assez rare aujourd'hui entre continuité et discontinuité, qui procure au lecteur le plaisir d'une lisibilité maintenue au sein même de la dispersion du sens et des formes. Jean Laude avait trouvé son langage, réussite d'autant plus remarquable que l'écriture, dans ces poèmes, ne cesse d'affronter sa propre impossibilité. L'espace qu'elle explore est en effet celui du hors-sens, dont les figures privilégiées sont l'origine insaisissable, la mort interminable, le désir en excès. Épreuve douloureuse, dont ceux qui ont connu Jean Laude dans ses dernières années savent qu'elle n'avait rien de " littéraire ". Michel Collot



 
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