Georges Picard, Tout le monde devrait écrire,
     éditions Corti, parution 31 août 2006.


   
« Pour être au clair avec soi-même, pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable, l’épreuve de l’écriture paraît cruciale. Peut-être publie-t-on trop, mais il n’est pas sûr que l’on écrive suffisamment. Tout le monde devrait écrire pour soi dans la concentration et la solitude »

    Dans cet essai très personnel, Georges Picard part du désir de l’écriture comme « désir de se découvrir autant à soi-même qu’aux autres » pour développer sa conception du travail de l’écrivain, de la lecture et de la littérature. Il défend l’idée d’une littérature exigeante, libre, sourde aux sirènes du marketing et de la publicité, assumant crânement sa marginalité à une époque où sont privilégiés les livres conformes aux standards d’une lecture fluide, rapide et immédiatement digeste.

    « Aujourd’hui, la littérature est entrée en résistance contre un ennemi qui n’a pas de visage, qui n’a que l’identité vague et grise de l’indifférence. Cela ne doit pas décourager la passion d’écriture, au contraire. C’est justement parce qu’il n’y a rien à attendre du médiatique et du social en général, qu’écrire ressemble de mieux en mieux à une vocation désintéressée. »






 
    J’ai appris assez vite que l’écriture ne sauve pas l’écrivain du doute, mais m’en passer serait une abdication devant l’instinct intellectuel qui me pousse à en savoir plus sur ma propre pensée. Ce que je suis est moins en moi que devant moi : je suis plus mon futur immédiat, appelé (happé) par l’écriture qu’un passé figé dans mes précédents livres. Un écrivain doit parfois accepter de renier ce qu’il a écrit pour continuer à écrire. Il a une sorte de devoir d’ingratitude envers les productions passées de son esprit. Renier, le mot est exagéré ; oublier est mieux. Est-ce possible ? Au moins peut-on essayer. Que nous ne changions jamais vraiment n’est pas un obstacle pour agir comme si nous pouvions à tout moment muer radicalement, moins pour nous améliorer que pour nous dépayser. Je suis souvent agacé de deviner ce que je risque de penser sur telle question particulière à laquelle je n’ai pas encore sérieusement réfléchi. Bizarrement, je vois autour de moi une majorité d’esprits nourrissant depuis des lustres le même credo composé d’une batterie plus ou moins limitée de principes qu’ils appliquent presque mécaniquement à tout. J’admets que c’est une force que de présenter au monde une personnalité entière, bien identifiée et sûre d’elle-même. Mais ainsi suis-je fait que les fortes personnalités, attirantes dans un premier temps, m’ennuient vite. Quel plaisir de jouer aux cartes en connaissant le jeu de l’adversaire ? Cette lassitude, je la ressens tout aussi bien vis-à-vis de moi-même, certains jours. Narcissisme, oui, car pour être fatigué de soi encore faut-il se considérer. Penché sur sa page, tout écrivain est narcissique. L’écriture est le plus ambigu et le plus solliciteur des miroirs. Après vingt ans d’écriture (ce qui est peu, finalement), je me demande quelle surprise j’attends encore de moi. Cette question, je me la pose avant chaque livre ; elle est mon meilleur stimulant. En écrivant, je ne cherche pas à m’étonner, encore moins à surprendre les lecteurs, j’essaye simplement d’animer des zones mal connues de ma sensibilité, d’ébranler le train de ma pensée dont le mouvement ordinairement chaotique et vague est sommé de prendre rythme et forme en se fixant.
Je souffre d’atermoiement dans le cours ordinaire de ma vie, n’étant jamais absolument sûr de penser ce que je pense. A peine ai-je émis une idée que l’idée contraire commence à me paraître intéressante et plausible. Curieuse affection, en effet, que cette instabilité intellectuelle nourrie par un scepticisme à l’égard des théories bâties à chaux et à sable. Le rapport dialectique entre des idées contraires impose une gymnastique mentale à laquelle je ne me soustrais jamais sans une certaine gêne, étant entendu que la vie quotidienne s’arrange mal de ces incertitudes qui vous font passer pour un irrésolu ou un velléitaire. Il est généralement plus bénéfique de présenter à autrui l’image d’un obstiné. Savoir ce que l’on veut constitue l’un des premiers commandements de la morale pratique. Encore peut-on vouloir ne pas trancher, position difficile à tenir qui fait de vous un Oblomov ou un Pyrrhon, un ennuyé ou un ennuyeux. L’écriture oblige à choisir, mais permet simultanément la nuance, la parenthèse, la notule pondératrice. En dépit de cette stratégie subtile, le texte reste de la pensée ou de la sensation figée. Je rêve de livres suffisamment chatoyants pour décomposer toute lumière intellectuelle en se jouant des interprétations fixistes. Au fait, nous en avons plusieurs, à commencer par les livres mystiques. Dans le domaine profane, Héraclite, Laodzi, Nietzsche ou Montaigne par exemple font croire à leurs lecteurs qu’ils ne les ont jamais tout à fait compris. Un livre comme Les Essais fuit devant toute pensée trop définitive ; il tient essentiellement par son allure (par son mouvement, comme dit Jean Starobinski). Je ne gloserai pas sur les philosophes abscons dont l’obscurité est le principal gage d’incertitude, ni sur les poètes qui ne sont pas faits pour être compris selon la raison.
     Le plus beau de l’écriture, c’est cette tension entre ce qui est écrit et ce qui est à écrire, c’est l’usage d’une liberté qui prend ses risques en laissant ses traces. Je n’oublie pas que l’écrivain en tant que premier lecteur de lui-même se trouve sommé de décider du sort de son texte : tôt ou tard, il faut signer. Si je relis rarement mes livres, c’est pour éviter de les récrire mentalement avec la souffrance attachée à l’exercice soutenu de la perplexité. Je ne les renie pas, je m’y sens simplement à l’étroit. Je me retiens de les reprendre ligne à ligne, sinon mot à mot, sachant que ce palimpseste pourrait être infini.






     Tout le monde devrait écrire, c'est l'exhortation de Georges Picard. Écrire, pourquoi pas ? Sans nécessité d'être publié, ni même celle d'être lu d'ailleurs, « mais, est-on jamais sûr de ne pas être lu ? » Et puis, « écrire pour penser plutôt que penser pour écrire... », ou écrire « pour être au clair avec soi-même, pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable ». Pour l'auteur, il existe une proximité entre l'acte d'écrire et la lecture, et cet essai est aussi un bel éloge à la lecture. Lire pour se faire du bien, un peu comme si à travers les livres que nous lisons, nous recherchions toujours des traces de notre propre histoire. Se permettre de penser tout en lisant, en laissa son esprit vagabonder. La lecture juste pour plaisir, car c'est bien de cela qu'il s'agit. Lire est une expérience bouleversante ! Toutefois, « créer du désir n'est certainement pas une tâche facile », sauf pour ceux qui ont eu le bonheur de découvrir cette passion pendant l'enfance ! Cela arrive souvent par hasard ou grâce à un adulte passionné. Ce plaisir, plus jamais on ne s'en départira. Il y aura bien des petits moments de fatigue où on se laissera aller à la facilité de lire un magazine ou de regarder la télévision. Quelquefois aussi, après une surconsommation de livres, on ressent le besoin de se sevrer de cette boulimie. Notre esprit fait alors le vide pour à nouveau retrouver ce plaisir originel. Il faudrait aussi essayer de connaître le bonheur de lire vraiment un texte, le plus directement possible, en évitant autant que possible le conditionnement culturel qui entoure habituellement une œuvre. Et puis la littérature est aussi un échange et un instrument de combat : « l'écriture acharnée qui force à réfléchir reste l'une des armes les plus solides contre la sauvagerie et l'impuissance. »
     Page des libraires, septembre 2006, F. Deligny, Lib. L'Île de Robinson, Revel.


     Chaque fois que me vient sous la main un livre de Georges Picard, je diffère le moment de m’y plonger, comme s’il fallait que certaines conditions soient réunies avant que je me sente disposé à risquer cette immersion dont je sens toujours qu’elle consacrera un moment de rare bonheur, une expérience assez nouvelle pour conjurer le mal être quotidien à l’influence délétère duquel, comme la majorité de mes semblables, je ne puis espérer malheureusement échapper.
     De Georges Picard, je viens précisément de lire le dernier livre, un essai au titre de Tout le monde devrait écrire et dont le propos en forme de confidence concerne tout à là fois l’écriture, le livre, l’éditeur et le lecteur. Rien d’innocent, encore moins de naïf derrière ce titre un tantinet provocateur qui semble précéder les promoteurs de la chose imprimée dans leur désir à peine masqué d’attirer le fond de la pensée vers les surfaces d’effeuillement où le texte perdrait enfin sa densité pensante pour ne devenir qu’un bien de consommation très éphémère presque semblable, dans le contenu, à la pléthore des magazines et autres hebdomadaires qui encombrent les rayonnages des maisons de la presse et autres temples de l’information.
     Non d’ailleurs qu’à travers ce brillantissime essai Georges Picard s’érigerait en Saint-Michel de l’écriture sacralisée, bien au contraire, mais que comme à son habitude, il aborde ce nouveau sujet avec l’extrême rigueur analytique et l’honnêteté intellectuelle qui lui sont propres et qui en quelques livres ont fait de lui l’un des penseurs tout à la fois les plus caustiques, les plus humoristiques, et les plus recherchés de sa génération. Au moment même où je rédige cette note pour vanter les nombreux mérites d’un livre dont on comprend que je pense le plus grand bien, il m’apparaît d’ailleurs que l’on ne peut en résumer le contenu sans en dénaturer le propos, ce qui signifie que s’y condense une tonalité à proprement parler musicale, c’està-dire possédant la capacité d’émouvoir et de faire penser dans une durée immobilisée, comme par exemple en d’autres livres devenus des classiques tels que Les Caractères de La Bruyère, La Malle Poste Anglaise de De Quincey ou, d’une façon générale tous les textes qui pour avoir atteint un sommet d’excellence constituent autant de pôles de référence à partir desquels fonder une réflexion de fond.
Particulièrement remarquable en effet l’analyse par laquelle examinant les différents réseaux de sens et d’activités conduisant à l’objet livre, Georges Picard accompagne notre réflexion jusqu’au point de contradiction immanent à notre condition de bipèdes pensants. Ce qu’il y a de rare et de bénéfique dans ce livre tient en effet à ceci que jamais Georges Picard ne propose de solution miracle au mal d’indifférence qui caractérise notre époque, montrant qu’il n’existe pas de progrès ni d’excellence sans contrepartie négative et que, ainsi que l’affirmait Georges Bataille, l’homme est aussi rnerdeux que souverain, et que vivre réellement une culture, c’est aussi bien en accepter les avantages que les travers.
     Montaigne luimême eût adoré ce livre qui tout en faisant un état des lieux des plus précis – et la situation de la création ne paraît pas bien bonne en effet n’en conçoit malgré cela aucun pessimisme puisque comme il le montre d’une manière que l’on ne peut récuser, l’acte d’écrire obéit bien à une nécessité, à une urgence aussi vive que celle de l’instinct reproducteur. Tout le monde devrait écrire est bien un livre de thérapeute, un livre que devraient lire toutes celles et tous ceux que minerait un doute profond quant à l’avenir du livre en particulier et à l’avenir de la culture en général. C’est en tout cas sur cette question le livre le plus sain qu’il m’ait été donné de lire depuis longtemps.
     Je pensais insérer dans le présent article quelques passages de ce petit chefd’œuvre d’intelligence, mais j’y ai renoncé tant il m’est rapidement apparu que tirées de leur contexte, ces phrases s’en trouveraient gâchées. Si le drame de Fabrenheit 451 devait finalement advenir et qu’il fallût apprendre par cœur certains grands livres pour ne pas les oublier, j’apprendrais personnellement le Laozi pour la stratégie et ce Picardlà pour l’éthique et l’intelligence, capacité qui n’existe pas sans l’appui d’un humour et d’une lucidité accomplis.
     Claude Margat, Le Monde libertaire, septembre 2006

     
     Le titre du nouveau livre de Georges Picard, « Tout le monde devrait écrire », a de quoi intriguer. Pourquoi ce conditionnel, et pourquoi ce verbe, « devoir », impliquant une obligation ? Autant dire qu’il existe une loi (religieuse, morale, sociale...) de l’écriture. Ce que je ne crois pas. Écrire est un choix. Choix douloureux, pas toujours compris, rarement gratifiant. Mais un choix qui est aussi une nécessité pour les quelques-uns qui ne s’estimeraient pas quittes de leur présence en ce monde s’ils ne tentaient pas de se demander ce qu’ils y font. J’ai donc tourné longtemps autour de ce livre dans la crainte que son auteur, l’un des meilleurs du moment, ne me déçoive par un plaidoyer en faveur d’une de ces utopies littéraires où chacun serait artiste. Puis je me suis décidé, et ayant ouvert « Tout le monde devrait écrire », j’ai tout de suite compris mon erreur en lisant sous la plume de Picard, adaptant Cyril Connolly, que « la vie de la plupart des êtres humains est dénuée de valeur, sauf dans la mesure où ils écrivent ». En réalité, parvenu à l’âge du doute, et du retour de soi, Picard fait ses comptes et, partant, les règle avec son époque, quoique avec retenue. Car la plupart de ceux qui posent à l’écrivain, sans l’être par tempérament, lui constituent tout de même un commode repoussoir. Au moins le persuadent-ils, malgré son peu d’audience, qu’« un artiste digne de ce nom ne trouve jamais » la vérité « car un tel aboutissement sonnerait le glas de sa vocation ». Incidemment, le mot est lâché, c’est bien la vocation qui décide du style. Que Picard se rassure, le sien est reconnaissable en ce qu’il fait coïncider son intimité avec le flux du temps. Il s’agit donc, avec « Tout le monde devrait écrire », d’un livre peu destiné à lui rallier ses contemporains. Ici, un écrivain, qui noircit la page avec le son de sa propre voix, constate qu’il devra poursuivre son œuvre dans « le renoncement à l’extériorité ». Comme on aimerait qu’il soit distribué à l’entrée des classes dites littéraires !
     Livre ouvert, Gérard Guégan, 27 octobre 2006


     PAS D’ÉCRIT VAIN
     En ces temps déraisonnables d’inflation éditoriale où la muse, trop bonne fille, se laisse souvent taquiner par des plumes plus clinquantes et enjôleuses que réellement affûtées et maniées avec art, le titre du nouveau livre de Georges Picard peut apparaître comme une provocation. Alors quoi, après avoir fait l’éloge de la folie ou de l’ivresse et joyeusement fustigé quelques tares, postures et travers du monde contemporain, il aurait commis un manifeste du faites-le vous-même, sur l’air de la littérature à la portée de tous ? Il suffit de feuilleter les premières pages pour voir que c’est bien le Georges Picard que l’on aime qui officie ici. Avec ce regard grave et amusé qu’il promène de livre en livre sur ses semblables et sur lui-même. L’écriture dont il est question n’est pas nécessairement celle qui se donne pour littéraire et aspire à la publication comme une fin en soi, mais le geste salutaire, régulier – disons une hygiène de l’esprit – par quoi l’être tend vers la clarification : « pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable, l’épreuve de l’écriture me paraît cruciale. Peut-être publie-t-on trop, mais il n’est pas sûr que l’on écrive suffisamment. Tout le monde devrait écrire pour soi dans la concentration et la solitude (…). » Une nécessité intérieure qui n’a rien à voir avec une quelconque justification sociale : « Combien d’écrivains resteraient-ils fidèles à la littérature si elle ne leur rapportait ni argent ni notoriété », ou mieux, « s’ils n’avaient aucune chance d’être publiés ? » Répondre à cette question c’est se donner la possibilité de distinguer « écrivain social » et « écrivain vital ».
     On retrouve dans le propos de Georges Picard cette manière qu’on lui connaît, fluide et élégante mais sans afféterie, avec ce quelque chose d’un peu intemporel qui confère au texte une tonalité à la fois paisible et incisive. Un texte qui vous prend par la main pour une promenade par des sentiers buissonniers au long du cours ondoyant de la pensée de l’auteur. Si on a eu l’occasion de parler à son propos d’une filiation avec le caustique La Bruyère, Tout le monde devrait écrire semble façonné sous d’autres patronages. Celui de Montaigne, par exemple :
     « En écrivant, je ne cherche pas à m’étonner, encore moins à surprendre les lecteurs, j’essaie simplement d’animer les zones mal connues de ma sensibilité, d’ébranler le train de ma pensée dont le mouvement ordinairement chaotique et vague est sommé de prendre rythme et forme en se fixant. »
     La question abordée est à ce point constitutive de la vie de son auteur que le livre – qui tient de la réflexion sur l’acte même d’écrire autant que du témoignage d’une expérience – a plus ouvertement que d’autres une coloration personnelle. L’auteur dit sa reconnaissance aux livres qui l’ont formé (par ce qu’il nomme « la rencontre secrète des esprits »), et notamment à ceux qui l’ont amené à trouver dans l’écriture une manière d’être plus présent au monde et à soi-même. Un soi-même toujours « en mouvement », qui se déplace à mesure qu’on croit le rejoindre et le tenir par la pensée. La sienne, l’auteur la qualifie de « fragile », c’est-à-dire dénuée de la fermeté et d’une rigueur qui lui permettraient de se développer indépendamment du contact avec celle des autres. Fragilité, malléabilité vécues comme une force, celle du roseau ou encore celle que le sabre taoïste puise dans la souplesse de sa lame.
     Comme pour ses livres précédents, Georges Picard déploie sa réflexion en une série de variations dont les titres revêtent parfois la forme d’un aphorisme (« Toute esthétique repose d’abord sur le tempérament »), celle d'un programme aux contours insolites (« De la concentration à sa douce délitescence rêveuse ») ou ouvertement offensifs (« Le carnaval social » ; « résister par l’écriture ») qui annoncent quelques coups d’estoc bien sentis dans le conformisme et le bavardage ambiants. Toute la palette de Picard est bien là, augmentée cette fois d’une touche plus intime : dans l’étroitesse de la chambre de bonne envahie de livres où vivait son père à qui il rendait visite le dimanche, il s’est initié, dès l’enfance, à la grande littérature. L’auteur dit joliment le passage, pour l’aspirant écrivain, d’un encombrant désir d’imitation des glorieux ancêtres à la dissolution de ces influences « dans les interstices intimes de notre personnalité au point de n’être presque plus démêlables ». Pour que puisse émerger par l’écriture la possibilité d’une voix propre. Quoi d’autre, ici encore, que le chemin vers un soi sans cesse en devenir ?
     Le Matricule des anges n° 78, Jean Laurenti

   






Georges Picard,
Tout le monde
devrait écrire
,
Corti, 2006
160 pages
ISBN : 2-7143-0922-4
15 Euros