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Le Petit uvre poétique : un recueil de poèmes de Claude Louis-Combet.
En marge des fictions et des essais sur l'expérience de l'écriture, qui constituent largement l'essentiel du travail, quelques instants très clos, très secrets et silencieux, ont provoqué ces textes brefs, à l'abri de tout projet narratif ou explicatif. Comme des lucarnes ou meurtrières pour jours de souffrance dans l'épaisseur de la bâtisse apportant l'afflux d'une lumière inespérée , ces moments poétiques inscrivent leur ouverture d'émotion et de contemplation dans une langue que l'expérience intérieure a modelé à son usage : pour rien, sinon pour personne.
Claude Louis-Combet
Il existe un tirage limité à de cinquante exemplaires sur Ingres avec une gravure de Frédéric Benrath de cet ouvrage, tous justifiés par les éditeurs, par l'artiste Benrath et l'auteur Louis-Combet : 500 Francs (76,22 Euros)

Gravure de Frédéric Benrath
pour Le Petit uvre poétique
de Claude Louis-Combet

Depuis que le blanc s'est installé entre mes doigts, je ne cherche plus à saisir. Je laisse aux êtres le soin et le souci de s'accomplir selon leur propre temps. Point n'est besoin d'ouvrir les yeux pour les voir. Je les entends grossir et prospérer emportant avec eux les goût de la terre et la beauté des fruits.

Claude Louis-Combet est ainsi "de ceux que la beauté désespère". La discrétion, la retenue de ses poèmes sont à la mesure du monde terrifiant qu'il explore : monde de agmas, d'eaux mortes, de scories, de cendres (...).
Ce Petit uvre nous plonge dans le négatif mineur modeste du Grand uvre des Alchimistes. Non pas alchimie du verbe mais alchimie de la douleur.
Tous ces poèmes apparaissent comme autant d'épreuves, d'exorcismes qui témoignent de l'excrétion de soi.
"Dieu sait qu'il aura fallu trimer dans les lexiques pour parvenir tout juste au milieu de la première strophe" (p.22). À la fin, un tel effort, une telle besogne n'offre aucun salut, auun réconfort, aucune consolation. L'enjeu est de croire et d'attendre.
Christophe Fiat, Action poétique, 1998.
Mais vouloir se rapprocher du cur viscéral du désir qui est tout autant celui de la beauté que celui de l'origine c'est encore rencontrer l'ombre de l'absence, c'est toujours affronter son silence fondamental et cette aura ancienne d'une présence qui continue d'enluminer le vide. Il y a là comme un secret s'enracinant au plus profond du sacré et des pouvoirs vertigineux de l'amour.
Richard Blin, Le Mensuel littéraire et poétique, N°259.

 
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