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Journal imaginaire de mes prisons en ruine, Hubert Robert 1793-1794, de Claude Courtot
HUBERT ROBERT est incarcéré à la prison de Sainte Pélagie en 1793. Claude Courtot l'a encouragé très vivement à tenir son journal de la Révolution dont il est le témoin privilégié. Mais c'est la face cachée des astres qui sur la scène de l'histoire brillent d'une façon éphémère, qui retient son attention. L'il du peintre repère les lézardes, il saisit l'architecture à son automne. Il est le peintre des ruines. La comédie révolutionnaire, l'ascension et la chute de Robespierre ne le surprennent pas. " La Révolution est comme Saturne, elle dévorera tous ses enfants " écrit Vergniaud. Avec ce " Journal imaginaire ", Claude Courtot nous donne un dernier paysage inédit et saisissant de la Révolution qui contribue à une meilleure connaissance du génie mélancolique d'Hubert Robert : paysage d'un monde qui court, passionnément, à sa ruine.
Ainsi j'ai peint la Bastille dans les premiers jours de sa démolition. Hommage aux démolisseurs ? Certainement pas. Je défie quiconque de montrer sur la toile le moindre élément qui puisse aller en ce sens. J'ai simplement remarqué que sous cet angle et dans cet éclairage rougeâtre, la forteresse ressemblait à un bel édifice romain dont on hâterait la ruine. Cela rejoignait les thèmes fondamentaux de mon uvre. N'y cherchons pas un acte de rupture avec l'ancien régime. Nulle ingratitude de ma part. De l'indifférence plutôt. Un monde meurt, un autre naît qui lui ressemblera probablement pour l'essentiel, malgré quelques changements superficiels. On détruit une prison, on en peuplera d'autres. On exposa mon tableau au Salon de 1789. Je passais alors pour une révolutionnaire. Quelle plaisanterie ! Ma " Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 " qui me valut un brevet de civisme, est avant tout une peinture de ciel...



 
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