L'inachèvement : un récit de Michel Fardoulis-Lagrange

     Chaque grand écrivain, disait Marcel Proust, écrit dans une langue étrangère. Dans la postérité du Texte inconnu, Éditions de Minuit, 1948) et de L'Observance du même (Puyraimond, 1978 puis José Corti, 1998), Michel Fardoulis-Lagrange poursuit avec L'Inachèvement, une expérience de la factualité ontologique du Logos menant à l'évidence sensible autant qu'à l'abstraction, au sens kandinskien. Il y a dans cette œuvre en suspens indéfini, ouverte à maint éclairage ainsi qu'aux ombres de l'élucidation, un enjeu insondable : quand le Neutre, signe troué de l'être, appelle l'effacement de la lumière du grand midi à travers les hauts faits de l'apparence en son clair-obscur légendaire.
     Hubert Haddad




     En ce temps-là nous fréquentions l'arrière-salle d'une librairie, mal éclairée, où nous nous efforcions souvent de déchiffrer de vieilles inscriptions sur les murs érodés. Ce faisant nous avions l'espoir d'enrichir les connaissances apportées par les livres. Seulement cette écriture murale se référait à des rudiments de lecture archaïque où manquaient de longs passages. Des relations suivies s'établissaient entre nous, et l'ambiance de la salle studieuse, sous une lumière affaiblie pourtant, nous ranimait sans nous aider à épeler les lettres effacées.













1992
72 pages
ISBN : 2-7143-0448-6
70 F