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Premier ouvrage de Georges Picard publié chez Corti, après la parution de deux autres courts textes aux éditions Calligrammes.
Écrire une Histoire de l'Illusion, quoi de plus illusoire ? Ce projet impossible, l'auteur l'a longuement médité au cours de promenades à bicyclette dans le Valois. C'est la chronique de ce voyage et de cette illusion qu'il retrace ici.
Au fil des pages, le lecteur croisera Gérard de Nerval, Tchouang-Tseu et son paillon, Éva rieuse et mythomane, un magicien métaphysicien, un taoïste reconverti dans la défense de la musique baroque et de la cuisine à l'huile d'olive...
Une pérégrination, teintée de philosophie souriante, qui initie lentement à cette vérité : "Il est inutile de refaire les choses quand elles sont déjà faites en nous. Ce serait une vanité. Ce serait une faiblesse. Seul, l'esprit compte. Le monde est son valet. On ne dépense pas inutilement pour un valet.

Le voyage minuscule a lavantage dêtre à la portée de tous les tempéraments contemplatifs. Il est facile à programmer, se transporte partout, ne coûte rien, apporte mille surprises. Quant à ses inconvénients, je nen vois quun : cest un condensé dillusions, une caractéristique quil partage dailleurs avec tous les voyages, Claude Lévi-Strauss la admirablement montré dans Tristes tropiques. Partir, rester nest pas une telle affaire. Malgré des centaines de kilomètres parcourus, certaines personnes donneront toujours limpression dêtre fichées en terre, raides, lourdes, comme des bornes kilométriques vouées à la rêverie des autres. Les moines bouddhistes marchent beaucoup ; ils peuvent tout aussi bien trouver ce quils cherchent sans sortir de leur fissure de rocher. Merveilles des merveilles, la lumière, seule image plausible de la divinité, ne cesse de parcourir lunivers à 300 000 kilomètres par seconde. Performance sans égale. Mais qui méblouit moins que la douceur rosée dun soir ou la nacre dun matin.

Histoire de l'Illusion décrit en 158 pages l'impossiblité pour l'éventuel auteur qui ne se sépare jamais de son carnet rouge aux pages désespérément blanches, d'écrire une Histoire de l'Illusion.
Démonstration brillante, humoristique, philosophique, poétique, évocatoire, convaincante, où il est question du monde, de la vie et de la mort (...).
La Quinzaine littéraire, 1/15 juin 1993.

 
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