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Lenquête sur "lévolution littéraire" de Jules Huret a paru dans LÉcho de Paris, de mars à juillet 1891. Elle assemble les écrivains en camp adverses et dessine les contours dun certain nombre d"écoles", tout en donnant à chacun loccasion de proclamer son individualité.
Semaine après semaine, une soixantaine de romanciers, de poètes ou de critiques prennent la parole : A. France, M. Barrès, E. de Goncourt, J.-K. Huysmans, Leconte de Lisle, M. Maeterlinck, G. de Maupassant, O. Mirbeau, P. Verlaine. Le grand public a loccasion de découvrir des inconnus comme R. Ghil, R. de Gourmont, Ch. Morice, J. Péladan ou Saint-Pol Roux, qui sont traités à égalité avec les chefs de file, Zola et Mallarmé.
Par la technique, alors toute nouvelle, de linterview, Huet impose les règles dun mode nouveau de communication. Donnant, donnant : si les écrivains ont la possibilité de proposer leur image dauteur au public le plus large, ils sont tenus daccepter le protocole du journaliste. Ils admettent la loi de lévolution darwinienne qui les incite à une impitoyable "lutte pour le succès".
Au regard des contemporains de Jacques Chancel, de Bernard Pivot, de Bernard Rapp, le fait mérite de retenir lattention. Car linterviewer occupe le devant de la scène, aux dépens de lécrivain qui, soucieux dêtre "mis en média", tombe sous sa coupe.
Avec Jules Huret advient le temps des médiateurs.


 
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