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Claude Louis-Combet : Augias et autres infamies (récits).
Les histoires ici contées ont d'abord mûri dans le terreau des infamies telles que les mythes, antérieurs à nos ordinaires commencements, les ont élaborées. Les grandes figures des Lamies, d'Augias, de Baubô, de Procuste surplombent le texte et le justifient. S'y ajoutent les apports plus récents d'un conte pour enfants et d'une biographie d'un personnage de l'histoire arabe du VIIIe siècle. Les fantasmes de l'enfance ont fait leur grain, sans le savoir, des grandes peurs archaïques de castration et de dévoration, et de la nostalgie de la confusion des sexes par-delà les tabous immémoriaux de l'inceste, de la zoophilie, et de la nécrophilie. La rêverie de l'homme sur les éléments épars des hantises de son enfance fournit le fil conducteur qui fait, de chacun de ces récits, le témoignage d'une quête initiatique de l'imaginaire.

Lamia
Augias
Nouvelle histoire de Baubô
La Maison des Marmousets
Procuste
Yézid
"L'enjeu de ces textes, c'est l'accès à la transparence verbale d'un fonds d'émotions et de sensations puissamment refoulées et cultivées dans des prédilections oniriques incommunicables. L'écriture effectue ce quasi-miracle de laisser se dégager la lumière propre à ce qui est essentiellement ténébreux. Dans cette lumière très étrange où la ténèbre devient limpide sans rien perdre de sa densité obscure, la communication s'effectue : entre le narrateur et lui-même, entre le texte et ses lecteurs."
Claude Louis-Combet, L'Âne, octobre-décembre 1993.

La petite Flore devait avoir cinq ans. C'était l'âge où, dans le secret d'un cur que le miroir des mots n'a pas encore piégé, de grands choix amoureux se préparent. La fillette s'avançait dans le monde avec beaucoup de douceur, juste ce qu'il faut d'assurance pour accoster les gens et les choses, et une pointe d'humour et de malice cette petite marge d'esprit capable de faire basculer l'instant du bon côté surtout lorsque la menace est grande. Elle allait d'un bon pas sur ses jambes potelées, son petit ventre en avant, ses rondes fesses en arrière, et elle riait quand sa chevelure toute dorée se rabattait dans ses yeux.

À lire aujourd'hui son plus récent titre, on se dit que Claude Louis-Combet ne s'est jamais aventuré aussi loin dans l'expérience de l'écriture, aussi profond dans le "puits sans fond" d'où sourd le texte.
Revisitant les mythes, les contes, ou certains épisodes historiques, comme dans "Yézid", dont le héros est un prince arabe du VIIIe siècle, figure bien connue des spécialistes de l'hérésie iconoclaste, Combet scrute les ténèbres de l'enfance, ses peurs, mais aussi ses désirs les plus inavouables : inceste, zoophilie, nécrophilie sont ici mis en scène avec une sombre beauté. La transgression des tabous immémoriaux et le sentiment de faute qui l'accompagne, l'autocondamnation au mensonge et la fatalité du châtiment imprègnent ces récits d'une sorte d'horreur sacrée.
Dominique Autrand, La Quinzaine Littéraire, N°633, 16-31 octobre 1993.
(...) Les personnages de Claude Louis-Combet naisent en s'abîmant, prorogeant leur sombre présence par-delà le récit, dans l'inconscient du lecteur qu'ils hantent.
Pierre Dubronquez, Poésie 93, N°50, décembre 1993.
Il n'entre ici, malgré les apparences, nulle cruauté, nulle abjection. Ni victimes, ni bourreaux. Il arrive seulement que le lecteur est sidéré. Transporté au-delà, ou en deçà, du cri, "comme si le cri qu'il eût pousser, l'eût étranglé sans pouvoir jaillir". (...)
Langue somptueuse où s'éprouve un inusité plaisir de lire.
Pol Charles, Du côté de l'indicible, Avancées, Bruxelles, août 1994.
Marginalité, onirisme, exploration des phantasmes
Augias et autres infamies de Claude Louis-Combet nous parle une langue inouë, celle des mythes d'autrefois, des tabous immémoriaux, des grandes peurs de l'enfance, et la parle avec un relief exceptionnel. Six histoires étranges dans lesquelles on ne s'aventure pas sans malaise.
Actuel, Octobre 1993.
La phase est ample et belle, pour énoncer l'indicible, ls miasmes, les fantasmes de la chair et, donc, l'esthétique elle-même en ressort pervertie. (...)
L'écrivain reprend en compte les mythes antérieurs à nos "ordinaires commencements" et travaille au scalpel ce qui ne s'avoue pas dans la solitude du désir, où le vide se fait attendre.
L. Noullez, Indications, N°2, 1994.
La parole de Claude Louis-Combet est des plus essentielles. Je suis convaincu que que (son) uvre est l'une des plus importantes du moment.
Benoît Broyard, L'Obsédante, N°1, printemps 1994.

 
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