Les Œuvres complètes de Benjamin Péret en VII tomes.

     
Sommaire des volumes :

     
Tome I : Poésie (Éric Losfeld)


     
Tome II : Poésie (Éric Losfeld)

     
De derrière les fagots
     Je sublime
     Trois cerises et une sardine
     Dernier malheur dernière chance
     Un point c'est tout
     À tatons
     Air mexicain
     Toute une vie
     Des cris étouffés
     Autres poèmes
     Dernièrement



     
Tome III : Contes (Éric Losfeld)

   
  Benjamin Péret par Octavio Paz

    Au 125 boulevard Saint-Germain
     Une vie pleine d'intérêt
     Les malheurs d'un dollar
     Sur le passage d'un panier à salade
     La fleur de Napoléon
     Pulchérie veut une auto
     Le pays de cocagne
     Mort aux vaches et aux champ d'honneur
     Dans le cadre de nos mœurs
     Une ornière vaut une jument
     Le conte voué au bleu et au blanc
     La dernière nuit du condamné à mort
     Il était une boulangère
     L'Auberge du cul volant
     Ces animaux de la famille
     La mort par la feuille
     Le Nègre et la soucoupe enflammée
     La Casquette du père Bugeaud
     Sur la route de la fortune
     Songe

     Notes et variantes


     
Tome IV : Contes et œuvres en collaborations

     
Benjamin Péret par Robert Sabatier (préface du présent volume)
 
    Le Gigot, sa vie, son œuvre (suite et fin)
     La Brebis galante
     Les Rouilles encagées
     Morts ou vifs
     Au paradis des fantômes
     Histoire naturelle
     L'Écriture automatique

     
              Œuvres en collaboration
      152 proverbes mis au goût du jour (avec Paul Éluard)
       Comme il fait beau (avec André Breton et Robert Desnos)
       L'Enfant planète (avec Robert Besnos)
       Calendrier tour du monde des inventions tolérables (avec André Breton)
 

    
Tome V : Écrits politiques

    
     " La révolution permanente ! " annonçait Léon Trotsky dès les premiers mois de 1905. Ce titre, cette théorie (la " tare " originelle et inexpiable du trotskysme pour un " cerveau " stalinien), cette formule, prise dans son sens le moins restrictif, le moins abstrait, le plus dialectique, le plus extensible, voilà bien l'expression la mieux à même de signifier, de traduire la manière, le ton, le timbre, l'éclairage et la ligne de force de la vie du poète et du militant que fut l'auteur du Grand Jeu. Un révolutionnaire permanent ni plus ni moins. " (Extrait de la préface de Guy Prévan)


     Tome VI : Écrits ethnographiques, sur l'Art et le Cinéma.

     Présentation de Jean-Louis Bédouin
     Les Amériques... et autres lieux
     Le Cinématographe
     Les Arts plastiques (comprenant La Vie imagée de Pablo Picasso)

     De ses séjours au Brésil (1929-1931 et 1955-1956) et au Mexique (1942-1947), Péret rapporta l'essentiel des études à caractère ethnographqie, voire historique, qui constituent la majeure partie du sixième tome de cette édition : nombre d'entre elles étaient restées inédites, certaines devenue inaccessibles et d'autres encore sont publiées pour la première fois. Le surréalisme donc, tel que Péret l'aura su vivre ailleurs et autrement, par intérêt porté aussi bien à des shères limitrophes qu'à des zones inexplorées.


     Tome VII : Index général







   
     Dans tous ces textes, Benjamin Péret joue avec le langage, démontrant, presque à chaque ligne, qu’il fut bien l’élu des mots que Jean Schuster s’est plu à définir. Quand on le lit, on emprunte derrière lui tous les sens interdits.
Dans l’Ecriture automatique, un texte inédit écrit durant l’été 1929 Benjamin Péret invite ses lecteurs à se laisser porter par leurs rêves et à chasser, à jamais, celle qu’il nomme cette chienne de raison. Être un homme neuf tous les matins, tel était le programme de ce Benjamin qui avait découvert que la terre, arrosée, donne le rouge à lèvre dont on extrait le baiser.
     P. Dra., Le Monde, vendredi 11 septembre 1987

     Son art consommé de se faire des ennemis ne doit pas faire oublier que Péret est un poète de premier ordre. Auprès de lui, Char ou Prévert ont assez pâle figure.
Les mots, chez Péret, sont en liesse. Poète, il jongle avec, sans retenue : Des vols de perroquets traversent ma tête quand je te vois de profil... Conteur, il s’amuse pareillement, en équilibre sur un fil qui remonte aux sources, étranglant nos certitudes. La nuit s’enfonça dans l’entonnoir et disparut dans le bocal rouge. Il m’advint un jour de posséder un chien, un magnifique terre-neuve, fort et souple : un moteur neuf.
     Raphaël Sorin, Le Matin.

     C’est que Péret est un conteur hors pair, comme ceux qui nous ont livré la mythologie celtique, chez qui on découvre un sens du merveilleux à l’état brut, intact quasiment : la comparaison et la métaphore lui brûlent la plume. Une part importante de son œuvre est d’ailleurs toute imprégnée de l’Amérique du Sud et des ses prodigieux récits, qu’il contribua à rassembler, notamment dans son Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique. C’est du Mexique que Péret fit connaître son Déshonneur des poètes, en 1945, où il fustigeait avec un irrédentisme farouche (et que pouvait expliquer le lourd tribut qu’il avait payé à la liberté : dénuement, exils, guerres, incarcérations) la poésie de la Résistance.
     La Cité, samedi 5 et dimanche 6 décembre 1987

     Péret est un marchand de couleurs et c’est un grammairien forcené, un mathématicien délicat, qui met à mal et à profit les équations. Il faut le dire, si les cubistes, dans leur phase analytique, ont inventé la relativité à leur façon, on doit au surréalisme, dont Péret fut jusqu’au bout un fidèle, d’avoir inventé la fission des atomes, crochus ou non, en matière de langage. Il a piégé les mots et les images, non pas à la glu, mais à la trappe des grands fauves hérissée de bambous sur lesquels des corps animaux, sauvages viennent se ficher...
     Denis Fernandez-Récatala, Révolution, 7 août 1987

     Les textes aujourd’hui rassemblés pour le 5e tome des Œuvres complètes constituent un apport éclairant sur les liens conflictuels noués par une avant-garde littéraire et les mouvements marxistes. C’est aussi le versant politique du Déshonneur des poètes, une application instructive sur l’option éthique qui conduisit Péret à dissocier, sur le plan formel, ces deux pôles d’une même fin poésie et révolution. A la lecture de ces textes parfois arides dans leur jusqu’au-boutisme militant, on ne peut s’empêcher d’y voir la destinée, jamais aboutie, toujours remise en question, d’un insoumis perpétuel ...
   Alain Delaunois, La Cité, 6 juillet 1989

     Du mot concret, prosaïque, le poète fait ses franches lippées, il redonne ses lettres de noblesse à la sardine, au tire-bouchon, à la chaussette, au pingouin, au tube d’aspirine, son aptitude à la trouvaille saugrenue ne connaît point de garde-fou. Quand un vocable lui plaît, il le cajole et le répète à satiété tout en gardant la semelle bocagère... Ses vers foudroient l’avenir en chutes burlesques, inopinées à la manière des cartoons de Tex Avery. Poésies siamoises, ubiques, peuplées de locomotives, de logarithmes, de cyclones, de pingouins, de machines à coudre et de petites fleurs de manganèse....
     La tiédeur ou l’indifférence ne sont pas son lot. Péret gêne parce qu’il ne peut être situé. On l’aime ou on le déteste. Un point c’est tout.
    Patrice Delbourg,  L’Événement du jeudi, 9 au 15 février 1995.

     Par la diversité des textes qu’il contient, ce dernier volume des œuvres complètes de Péret permet de reconstituer presque toutes les phases de sa vie : des poèmes d’adolescence aux ultimes entretiens, en passant par les articles politiques et journalistiques, les textes surréalistes publiés dans les revues, les préfaces et la correspondance...
     C’est à Mexico qu’il écrit le Déshonneur des poètes. Il est toujours isolé, dissident une fois pour toutes, poète d’un seul tenant, selon l’expression de Julien Gracq... et toujours aussi insaisissable, comme l’écrira le poète mexicain Octavio Paz : Les textes en prose de Péret s’écoulent avec une sorte de constance dans l’imprévu, comme un fleuve qui ne suit pas son cours mais l’invente. L’humour de Péret, ce n’est pas l’étincelle aveuglante que produit la révélation de l’absurde... La prose de Péret coule, glisse entre les doigts, est un jaillissement ininterrompu. Et la forme que prend son repos, c’est le vertige.
     Antoine de Gaudemar, Libération, 12 janvier 1995

     Avec son désordre apparent, c’est ce dernier volume qui donne peut-être la meilleure idée d’un homme que ne peut recouvrir aucune étiquette, il fut avant tout poète.... Il faut redire que lire Péret, aujourd’hui, c’est encore et toujours le même appel d’air et que la poésie et l’humour qui s’y expriment avec une aussi totale liberté sont les fruits d’une exigence fondamentale... Il n’était pas homme à choisir de ces placements de père de famille qui vous font un nom dans les lettres, mais le risque et l’aventure indéfiniment renouvelés. Les modes et les mots d’ordre n’eurent aucune prise sur lui. Il est, pour toujours, irrécupérable.
     Dominique Rabourdin, Le Magazine littéraire, mars 1995

     La verve automatique, l’incandescence lyrique, l’humour vert et généreux de Benjamin Péret n’empêchent pas le poète de mener une réflexion nourrie et savante sur l’amour sublime dans Le Noyau de la comète. L’auteur de Je sublime détache l’amour sublime aussi bien de l’amour mystique voué à Dieu que de l’érotisme ou de la sexualité sans horizon réservée à la chair. Il le rattache à une longue tradition amoureuse, celle de la passion romantique ou de l’amour courtois. Et il donne en exemple Baudelaire et Madame Sabatier ou le couple Héloïse et Abélard. Les surréalistes comme Péret et Breton ne prétendent pas inventer le désir mais l’accomplir. Ces pages sereines indiquent sans équivoque les données d’un problème qui ont à peine varié depuis quarante ans : le désir se réalise-t-il de préférence avec l’être aimé ou au sein d’un groupe, d’une communauté, d’une religion, d’une humanité planétaire ? L’amour fou ou sublime peut-il résister aux sirènes de l’argent, du pouvoir et du plaisir ?
     Georges Sebbag, La Quinzaine littéraire, 16/28 février 1995




Tome 1, 328 p., ill., 110 F
Tome 2, 336 p., ill., 110 F
Tome 3, 304 p., ill., 110 F
Tome 4, 306 p., ill., 1987;
ISBN : 2-7143-0201-7, 125 F
Tome 5, 336 p., 1989
ISBN : 2-7143-0318-8, 150 F
Tome 6, 384 p., 1992,
ISBN : 2-7143-0461-3, 175 F
Tome 7, 600 p.,
ISBN : 2-7143-0531-8, 195 F

1995
192 pages
ISBN : 2-7143-0562-8
110 F