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Robert Alexis, Les Figures,
éditions Corti, 2008.
Au XVIIIème siècle, Étienne de Creyst, l’un des premiers médecins aliénistes, découvre chez les fous les multiples possibilités de l’humain. Il commencera à leur exemple une exploration confinant à la destruction de l’identité. Les « Figures » révèlent les territoires où il est surpris de se reconnaître, ceux du minéral, du végétal, celui de la bête avec laquelle il communie dans l’universel. Trente ans après, le Mémoire qu’il a rédigé est lu à sa nièce. La jeune femme traversera, de la même façon, les expériences ultimes où se croisent le crime et la sexualité…Quatre lectures, comme autant de clés libératrices ou de cercles d’enfer.
RA
Sélection PRIX WEPLER - FONDATION LA POSTE 2008
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Après La Robe, très bien reçu du public et de la critique, déjà traduit en Italie et en Espagne, après La Véranda, choisi dans le cadre de l'opération l'Été des libraires 2007, et Flowerbone, Robert Alexis publie son quatrième roman. Il ne nous avait donné de sa biographie qu’un lieu : il vit à Lyon, et deux repères : a été l’élève du philosophe François Dagognet, apprécie la discrétion de B. Traven. Nous respecterons encore la sienne.
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Deux femmes me précédaient sous le péristyle de l’hôpital.
Elles se tenaient bras dessus bras dessous, cherchant par ce geste un encouragement que démentait une bonne humeur trop apparente. Les plumes de leurs chapeaux se touchaient lorsqu’elles se faisaient face. Une douce oscillation trempait la couleur des robes dans une même pâte soyeuse. Je n’aurais su dire pourquoi mais, plus que tout ce que je voyais à ce moment et qui m’était tellement nouveau, la vision de ces deux silhouettes bientôt noyées dans l’ombre du couloir retint mon attention au-delà de la curiosité. Des lanternes reliées à un savant jeu de cordes tâchaient d’éclairer ces lieux interdits à la lumière du jour. Les flammes ténues brunissaient de leur huile une cage ballottée dans l’incessant courant d’air des vestibules. On luttait contre les miasmes en redoublant les ouvertures, mais le vent ne léchait que des parois indéfiniment noires.
On s’effaçait devant elles, certains s’inclinaient avec déférence, des miséreux que la révolution n’avait pu gagner aux nouvelles idées égalitaires. Je ne sais quelle pratique des attitudes évoquait une règle plus obscure, et ces mots que je cueillais avec étonnement dans le sillage encore frais de leur parfum.
Réduite à marquer le pas, je les perdis dans l’immensité d’une salle où elles m’avaient entraînée presque malgré moi. Des religieuses battaient les sommiers de paille, d’autres ouvraient les baldaquins sur quatre pensionnaires couchés tête-bêche. Le seau tiré par un homme en chemise grinça longuement avant qu’on ne rabrouât le coupable. Un maigre rayon chargé de poussière éclaira une vieille assise dans un angle. L’agitation du matin gagnait tour à tour les longues galeries peuplées de lits serrés les uns contre les autres.
J’avançais au rythme des soignantes qui donnaient des ordres, secouaient les paresseux, s’inquiétaient hâtivement d’un vrai malade presque oublié dans la foule des vagabonds, des indigents, des filles, correctionnaires et libertines, ajoutées à eux dans une incroyable promiscuité.
On saluait mon passage d’une tout autre manière. Un sourire de gargouille accompagnait d’ironiques révérences. Des mains se tendaient dangereusement, que j’évitais en me rapprochant d’une soeur indifférente.
Faire demi-tour paraissait impossible, c’eût été me plonger dans l’ignoble carnaval ranimé derrière mes pas. Il ne restait qu’à me renseigner auprès des Hospitalières, mais leur énergie désespérait autant qu’elle réconfortait. Que faisais-je, moi, la petite demoiselle si bien élevée, si bien habillée, dans cet antre diabolique ? De quel droit irais-je gêner, serait-ce par un mot, celles qui chaque jour devaient refaire l’expérience des malheurs du monde ?

Le livre de Robert Alexis fait partie de la sélection pour le prix Wepler Fondation La Poste 2008 et de la sélection des 30 favoris de la Rentrée Virgin-Lire 2008.
Robert Alexis est sur le plateau d'Olivier Barrot (Un livre un jour) le 23 septembre 2008.
Voici le quatrième roman d'un écrivain encore inconnu... Mais qui ne le restera pas, car personne aujourd'hui, je peux vous l'assurer, n'écrit le français comme Robert Alexis. Très marqué par le romantisme allemand et les textes de Gérard de Nerval, il nous emporte dans Les Figures à la fin du XVIIIe siècle aux côtés du Dr Étienne de Creyst, l'un des tout premiers médecins aliénistes. Celui-ci s'est avisé que la folie n'est rien d'autre qu'une inversion de la raison, et que les malheureux détenus maltraités à l'hôpital ne sont pas des criminels, mais, au contraire, des victimes. Un point de vue révolutionnaire, qui annonce les découvertes de jean Martin Charcot et de Sigmund Freud. Mais tout ceci ne serait qu'anecdotique sans le style somptueux de l'auteur, proprement inspiré.
Olivier Barrot, Pleine Vie, Novembre 2008.
Si le thème du double était cher aux romantiques, Robert Alexis élargit davantage encore le champ des possibles. Il voit triple, et même plus. Il creuse en chacun de ses personnages pour en extraire la duplicité. Vient ensuite cette fascination pour le point de rupture, ce moment où le morcellement du moi apparaît de la façon la plus évidente, où le mythe rassurant l’homogénéité des choses vole définitivement en éclat. Ainsi en va-t-il dans Les Figures. Récit de l’itinéraire d’Étienne de Crest, médecin aliéniste du XVIIIe siècle, ce texte raconte la folie et l’errance, la lumineuse perversion comme nouvelle épiphanie dans une somptueuse synthèse des contraires. Au parcours d’Étienne se superpose celui de sa nièce, qui découvre les Mémoires de son oncle des années plus tard. Reste alors à laisser œuvrer le fantasme comme une révélation à soi-même. Aloyse, qui était promise à un avenir radieux aux côtés de Julien (un industriel brillant donc on comprend vite qu’il incarne la pensée productiviste chez Alexis), entrera dans les ordres. Devenue l’incarnation des théories de son aïeul, elle se fondra en lui comme au monde en se livrant au stupre et à la débauche. La perversion comme moyen de se libérer du carcan rationaliste, d’en dénoncer les apories et, pour reprendre les mots d’Ernesto Sabato du dilemme immémorial « entre le corps et l’esprit » qu’il a tenté de dissimuler. Dans leur tentative de réconciliation avec le pôle libidinal, les personnages comprendront que « la folie ne pouvait se soigner qu’en accélérant ce qui la constituait ». Un art de la consomption dont on pressent déjà qu’il est l’ultime chemin pour accéder à l’Universel.
Benoît Legemble, Matricule des Anges, Octobre 2008.
Reste alors à faire place à l’écriture, à son chantier et au devenir du roman autant de sujets dont nous avons débattu avec un Robert Alexis inspiré et généreux.
[Voir également l'intégralité de cet entretien.]
Les quatre lectures infernales
Quand la démence ouvre les portes de la connaissance et de la vérité extrême, pouvant conduire jusqu’au crime et au meurtre, les frontières entre l’homme et l’état bestial sont abolies.
De livre en livre, Robert Alexis ne cesse de surprendre et d’enchanter son lecteur. Toujours plus étrange, plus fantastique. L’exploration de la folie et de ses méandres continue. Après La Robe et La Véranda, textes brûlants et prégnants, Les Figures explore les limites de l’homme, convie à un voyage secret au coeur de la folie humaine jusqu’à sa bestialité et sa cruauté entièrement révélées. « La démence [...] est un conduit qui mène, de plus en plus bas, vers des clés précieuses ». C’est là toute la recherche d’Étienne de Creyst, médecin aliéniste du XVIIIe siècle cumulant des expériences sombres, sauvages et folles pour atteindre la communication parfaite avec l’univers. L’obscurité de la démence doit permettre de parvenir enfin à la lumière par le mal, la possession, le stupre et le crime si nécessaire. Il s’agit de reprendre, à la folie ses droits, l’attraper de l’intérieur, s’en délecter sûrement, la surprendre si possible. Étienne de Creyst opte pour le choix radical de nouvelles thérapies dérangeantes et hors norme en laissant la déchéance oeuvrer. La finalité ne peut être que la rédemption par la mort, la libération enfin obtenue. Du chaos, des enfers, il se sacrifie pour faire jaillir un nouveau modèle singulier et exemplaire.
Betty Duval-Hubert, Page des Libraires, septembre 2008
D'entrée, l'image de la couverture, une reproduciton du peintre danois Abilgaard, nous ouvre une porte sur l'étrange. Le diable de la toile The Nightmare, c'est la bête aux limites de l'humanité que décrit Alexis. Étienne du Creyt, médecin aliéniste, explore le confins de l'identité et de la folie. Trente ans plus tard, sa nièce part en quête de cet oncle banni de la famille. Le mémoire qu'il a rédigé sera pour sa nièce, le temps de quatre lectures, une traversée d'expériences ultimes, entre sexe, crime et folie. Tout nous ravit et nous fascine dans ce quatrième roman d'Alexis : un style singulier, un don incomparable pour la description, une écriture intransigeante pour un texte d'une grande subtilité, tout en basculements et glissements narratifs. Les quatre lectures sont autant de clefs et d'énigmes: la quête devient parfois initiation ou libération. Une langue limpide et claire nous entraîne aux confins de l'enfer et de l'inconscient.
Maud,Virgin Megastore, Bordeaux, Betty, Virgin Megastore Quatre Temps, Yvain, Virgin Megastore Champs-Elysées.
Rien n'empêche de peindre aujourd'hui dans le style de François Boucher (1703-1770), de présenter des images directes proches de l'indécence dans de jolis décors et dans des couleurs chatoyantes, ni d'écrire comme le Marquis de Sade (1740-1824) en décrivant les mésaventures extrêmes de jeunes filles en fleur dans le monde de la luxure et du mal. C'est ce que fait Robert Alexis dans Les Figures, un petit livre que l'on dirait arraché au siècle, mais qui le concerne cependant car il y est question de l'expérience intime de l'humanité et de ce que la folie dit sur ce que nous sommes.
Aloyse de Creyst est la fille d'un tisserand anobli sous Louis XV. Elle est promise à Julien, qui est considéré dans la famille et participe à l'expansion de la manufacture. Mais un autre destin l'attend. Personnifié par son oncle Etienne de Creyst, un médecin légendaire qui fut l'un des premiers aliénistes et qui a laissé un Mémoire mystérieux qu'Aloyse rêve de découvrir. Elle en entendra la lecture dans un hôpital où sont enfermés des fous, par la voix de son directeur Anthelme Donadieu, héritier spirituel d'Etienne, qui règne sur l'institution hospitalière et pratique des méthodes hors du commun.
Devenue soeur, Aloyse participera à des expériences sexuelles effarantes qui la mèneront elle-même à la limite de la folie, à la perte presque entière de son identité. Mais n'est-ce pas, du moins dans ce genre littéraire, la meilleure manière de participer à l'humanité et de se retrouver soi-même, en passant par le chemin des exclus, des reclus, par la voie de ce que la bienséance appelle la perversion, et tout près de la mort elle-même? Les Figures ne serait qu'un livre anachronique de plus, s'il n'évoquait de très près les interdits et les obsessions du moment, qui touchent au corps, à l'amour, et à la mort.
Laurent Wolf, Le Temps, Genève, 30 août 2008
Superbe pastiche de la descente aux enfers de Dante, de L’Apologie des sens de Powys, des légendes de Barbe bleue et du Loup du Gévaudan, du roman noir du siècle des Lumières qui explorait la part occulte de l’homme, crime et sexualité mêlés, ce vertige littéraire nous plonge dans la connaissance absolue de l’humain jusqu'au sacrifice de soi. Dans ce roman vénéneux, nous sommes confrontés à la folie et aux aliénistes. Une héroïne à costume y fait la douloureuse expérience du jeu dangereux de la psyché en voulant suivre les traces d'un oncle parti au bout de sa quête et dont presque toute trace a disparu.
Pascale Arguedas, Calou l’ivre de lecture
Voir également : l'entretien entre Pascale Arguedas et Robert Alexis
Le nouveau livre de Robert Alexis est, à l’instar de La Robe (2005) et de La Véranda (2006), un récit étrange, conçu à partir d’on ne sait où, si ce n’est depuis la provocation tranquille qui les animait. Ces récits étrangement maîtrisés surprennent : on ne sait s’ils sont d’excellentes proses, fascinantes de perfection, ou de vains échafaudages de mots précis d’une préciosité ridicule. Sont-ce des textes parfaitement agencés pour créer un jeu, une manière d’effet de miroir ironique et distancié, provocateurs, ou bien des livres courts quelque peu prétentieux ?
Après avoir opté pour des accents qui rappelaient Joseph Roth, la virtuosité des récits de voyage et de la littérature fin XIXe, il construit un récit enchâssé à la mode du XVIIIe et se place sous l’égide de Sade et de Laclos. Le livre nous narre la fascination qu’exerce « la liberté des fous » sur les êtres qui traversent cette histoire deux aliénistes troubles, des êtres pervers au plus haut point, un mystérieux cannibale d’une extrême sauvagerie et d’une intelligence retorse, une demoiselle curieuse et exaltée , ceux-là qui savent « traverser le marécage au lieu de le cerner de barrière ». De cette histoire bizarre, agaçante et fort bien écrite (malgré quelques bavardages et des dialogues artificiels, mais peut-être sont-ils voulus), on ne sait quoi retenir, du jeu, de la perversité, de cet anachronisme presque provocateur, ou de la place incertaine qu’on lui assignerait dans le paysage de la littérature du temps. Les livres d’Alexis se trouvent tout entier dans cette incertitude, dans cette tension entre agacement et jouissance, dans le brouillard incertain où ils se tiennent. Nous ne saurons trancher véritablement tant ces sentiments se mêlent, tant ces récits plaisent et ennuient à la fois. Mais ne boudons pas le plaisir de l’intrigue !!
Hugo Pradelle, La Quinzaine littéraire, 1er au 15 novembre 2008
Les trésors de la folie selon Robert Alexis
Figures imposées
Après un étonnant détour par la science-fiction, dans Flowerbone, Robert Alexis revient à un cadre historique, la fin du XVIIIe siècle, pour son dernier roman, paru chez José Corti. Les Figures proposent une plongée sombre et brutale au cœur de l’âme humaine, à travers l’étrange destin d’un médecin aliéniste qui cherche à explorer ce que la folie rend possible.
Robert Alexis est un orfèvre plein d’adresse et de malice. Il sculpte les mots et les phrases jusqu’à leur donner la précision et le tranchant qui séduiront le lecteur et lui permettront de le suivre jusqu’au bout des contes effrayants qu’il invente. Les Fi- gures, dernière exercice de cet écrivain plus que discret, est sur ce point une totale réussite. Car Robert Alexis fait vivre et résonner un monde, en soignant une langue riche, soignée et élégante, qui sait prendre la forme et le temps de la subtilité et du mystère. Deux qualités qui vont parfaitement à l’écrivain tout autant qu’à cette France de l’après Révolution, pleine de curiosité et de fureur, d’esprits décadents et de paysages sublimes, qu’il évoque si adroitement.
Au cœur de la folie
Les Figures, court roman initiatique empruntant les parcours souterrains et labyrinthiques de la folie, se déroule à travers le miroir de quatre lectures d’un récit de mémoires laissé par le médecin aliéniste Étienne de Creyst. Ces lectures sont données par le médecin Donadieu, héritier spirituel et tout aussi pervers que le maître, à l’intention de la nièce du grand homme, venues jusque dans les murs du sinistre hôpital chercher la vérité sur ce parent autour duquel, par précaution, la famille a préféré garder le silence. Oui, mais la jeune femme, elle aussi, se sent “autre”, habitée par des pulsions et des désirs coupables aux yeux de ses parents et de la société. « Connaître la nature d’un méfait, n’était-ce pas s’en mieux garder ? Dans l’ignorance de notre part maudite, ne serions-nous pas réduits quelque jour à commettre l’irréparable ? » C’est par ces mots que la belle révèle son ingénuité perverse…
Chaque lecture permettra de mieux comprendre la terrible entreprise de l’oncle médecin, prêt à toutes les perversités pour saisir l’identité profonde et plurielle des êtres ; chaque lecture entraînera en même temps la jeune femme dans un cercle d’initiation où la cruauté le disputera peu à peu à l’obscénité. Et que peut cette (pas tout à fait innocente) héroïne si le proche parent qu’elle n’a jamais connu a trouvé sa véritable nature au détour de la violence et de l’humiliation, de la souffrance et de la dégradation ? Car voilà ce que raconte Étienne de Creyst, au bout du chemin qui, d’homme, a fait de lui une sorte de bête : « On avait cru me réduire à l’état le plus méprisable, je m’enrichissais au contraire d’une connaissance singulière. Je me trouvais au cœur de ce que j’avais recherché, un lieu sans repère, mais dense ô combien ! mille flèches me traversant, trempées d’un poison nourri- cier. Je m’élevais quand on avait voulu me rabaisser, je m’instruisais en augmentant mon être, je revendiquais la bête que je sentais grossir en moi jour après jour. »
Détruire son identité pour mieux la recouvrer. Au risque de la perdre et, peut-être, de se trouver déserté par toute trace d’humanité. Tel est l’objet de la quête menée par les personnages homme ou femme du récit de Robert Alexis. Trouver une identité parmi toutes les forces obscures qui peuplent les âmes et les poussent à agir éventuellement de manière totalement immorale. L’appétit de la chair est l’une d’entre elles et pourquoi ne pas écouter ce qu’il a à nous dire du plaisir de et de sa nature subversive. Robert Alexis est à l’écoute de ces voix souterraines. Il sait en retracer les effets et les modulations. La folie occupe le centre de cette partition… « C’est une telle sensation que d’être double ! », s’exclame le frère de la jeune héroïne, lui aussi en prise avec le mystère de son identité.
Avec talent, l’écrivain place tous ses personnes « face à leur pluralité ». Pour leur permettre de comprendre ce qu’ils sont. Lui s’y connaît en matière de double.
L.B, Tageblatt, n° 244

 
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