Petit carnet du Levant d'Israël Eliraz,
     Littérature étrangère, éditions José Corti 


     Né à Jérusalem, Israël Eliraz, considéré comme un poète majeur dans son pays, a trouvé un public attentif en France. Il a déjà fait paraître quelques volumes dont Promenade, au Nouveau Commerce, Bouche Déchirée et Miniatures Clémente chez Unes). Dans Petit carnet du Levant, nous l’accompagnons dans sa marche poétique sur son sol natal, une marche qui s’intensifie dans les deux suites de poèmes Épouvantails de terre et Vigne.





Rien de ce qu’on a dit
n’est arrivé.

Des rumeurs
filtrent.

L’ombre leur fait de la reliure.
Quelque chose a foiré.

Sûr, ce lieu a un Maître des lieux,
mais va-t’en le prouver.

Ce que j’ai entendu (fractionné)
est protégé par la lampe
éteinte.

Ce que j’ai saisi (le concret)
a disparu.

Prête attention à la pente.
Comprends ce qu’est
être dedans

près de la souffrance
quand le cercle attend



    quand le cercle attend


difficile ici de distinguer
le blanc de l’effacé.

Tout est posé à même le sol.

Poussière
n’épuise pas
terre.

Le feu se déclare par son mouvement,
cherche sa matérielle.

Qui mène ? Qui suit ?

De dedans, tu contiens l’oubli
en des mots qui
le rappelleront




Israël Eliraz, octobre 2001,
à la rue Médicis
(© archives Corti)

     






Traduit de l'hébreu
par
Colette Salem

128 pages
2001
ISBN : 2-7143-0760-4
95 F 14,48 Euros

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Poésie