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Linspiration littéraire de Pater (1839-1984) séveilla au contact de Ruskin, de Swinburne, de Goethe et de Winckelmann.
En Italie, en 1866, les chefs-duvre de la Renaissance italienne achevèrent de modeler sa conception de la vie.
Son idéal de vie, exposé dans Marius lépicurien (1885) était un épicurisme non pas orienté vers une application facile et des plaisirs vulgaires, mais qui devait tendre à de nobles et profondes émotions afin que la vie fût elle-même un chef-duvre aussi parfait quune uvre dart. Les pages exaltant le culte de la Beauté, (telles quon pouvait en lire déjà dans ses essais publiés en 1876 sous le titre de La Renaissance), recommandant à lâme de " brûler dune intense et pure flamme ", ne laissèrent pas dimpressionner la nouvelle génération. Et même, sélevant de la critique au " Portraits imaginaires " (1887), son inspiration se fixa, sattarda complaisamment sur la vision dune adolescence douloureuse, riche en sensations. Tous ses personnages ont un air de famille reflétant lâme de lauteur quil dépeint dans LEnfant dans la maison (1894). Déjà Pater annonce Proust.
Pater exige du lecteur autant quil lui donne. Comme Proust auquel je défie bien qui que ce soit de ne pas songer en lisant LEnfant dans la maison , il semble écrire au fur et à mesure quil sent, quil pense. Sil est inconvenant de parcourir du Proust, il est impossible de parcourir du Pater.
Mario Praz



 
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