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Paul Celan, La Rose de personne
Éditions Corti, juillet 2002.
La Rose de personne, publié en 1963, est le quatrième volume du poète dexpression allemande Paul Celan, naturalisé français dans les années cinquante. Né à Czernowitz (en Bucovine, province actuelle de lUkraine), sa vie et son uvre sont à jamais marquées par la persécution des Juifs : ses parents meurent dans un camp nazi, il est lui-même lun des survivants dun camp en Moldavie. Il épouse Gisèle de Lestrange, graveur, en 1952 et enseigne à partir de 1959 la littérature allemande à lÉcole Normale Supérieure de la rue dUlm. Il se donne la mort à 50 ans en 1970 en se jetant dans la Seine.
Puisque le poète écrit dans la langue « maternelle » qui est aussi la langue du bourreau, Celan invente une langue dans la langue, il la refait du dedans, en construisant, dans la pure tradition hermétique, une langue autonome qui parvient à traduire lintraduisible. Arracher la langue à elle-même, au seuil de labîme, pour atteindre la forme la plus achevée de liberté : la terra incognita du verbe, telle fut lentreprise inouïe de lun des plus grands poètes du XXe siècle.
Ce recueil, composé de quatre « cycles », constitue le centre de luvre. Les poèmes ont été écrits entre 1959 (date de parution de Grille de parole) et 1963. Ici, Celan « saventure aux confins de sa poésie ». Créer revient à extraire la liberté du néant que le verbe transmue en abondance.
N.B. : Publié par Le Nouveau Commerce en 1979, ce recueil a été intégralement revu par sa traductrice, Martine Broda. Il est au programme de lagrégation dallemand 2002-2003.

Paul Celan par Gisèle de Lestrange

« tu sais, ce qui sest inscrit dans ton il
approfondit pour nous la profondeur ».
« là où mourait léclat, se tenait
le Temps, nourrice splendide,
sur lequel poussait déjà, vers le haut,
le bas, au-delà, ce qui
est, était, ou sera
« Tout,
même le lourd, allait
voler, rien
ne retenait »



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