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Patrick Wateau, Semen-contra
éditions José Corti, 2004.
Rien ne nous dit quà une vérité moindre corresponde une moindre réalité. Ou plutôt, cest le mensonge qui nous le dit, mensonge pas moins savant, mais qui sexprime autrement, ne parlant pas des mêmes choses. Aussi la parole critique de Semen-contra cherche-t-elle son essence par négation et dépouillement.
La première partie implique éloignement, retrait, et se mesure à cette difficulté daborder le monde dans sa négativité. La seconde (Promptuaire) décline une suite de rapports, lavancement de lombre étant le contenu même du rapport.
Poète et essayiste, Patrick Wateau est né en 1959 à Guise.
Du même auteur chez Corti : Minerve, Bernard Noël ou lexpérience extérieure ; Docimasie ; Hécatonomie.

Plus de dix ans déjà que Patrick Wateau a publié son premier livre, Heurtoirs, préfacé par Bernard Noël. Dix ans de crispation tétaniques autour du corps qu'il soit de chair ou de langue , du silence ou de la mort. Une écriture qui tient de la photosynthèse foudroyante, relève de l'injonction et de l'urgence, comme de l'abouchement chirurgical. Une mise en mots qui a des allures de mises en pièces, une radicalité qui force l'attention, heurte, atteint, désempare quelquefois. Des découpes dans l'à-vif d'une langue encore irradiée par ses origines latines ou grecques. Une forme de violence, une réalité tranchante dont Patrick Wateau s'explique dans Semen-contra, et dont Hécatonomie nous offre une nouvelle illustration.
Semen-contra est un essai suivi d'un ensemble de notes et d'aphorismes qui abordent la poésie de la seule façon qui vaille vraiment, c'est-à-dire sous l'angle de sa réalité linguistique, et ce qui la fonde en tant que rage de l'expression. (...)
Entreprise de démystification, [l'ouvrage] explore cette expérience abrupte, et par définition inachevable, qu'est souvent la poésie moderne. Car écrire n'est pas seulement tracer des mots, c'est "faire accéder la langue à une dimension encore inconnue", c'est "éprouver la résistance nerveuse de toute phrase", c'est toucher des limites.
Richard Blin, Le Matricule des Anges N°55

 
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