|
 |
Claude Louis-Combet, Proses pour saluer l'absence.
De fictions en poèmes, de réflexions sur lécriture en recherches sur la littérature spirituelle et lexpérience mystique, mon travail dexpression ne sest jamais détaché du creux dabsence dont il procède, dont il témoigne et dont il porte le sens. Les textes ici rassemblés, publiés en revues, en ouvrages collectifs, ou inédits, sont autant de moments en arrêt sur lespace entre lhomme et le monde, sur la distance entre le désir et son objet, sur le vide entre les mots, sur la vacance du temps et le retirement du dieu. À ces évidences désenchantées vient sassocier la nostalgie de ce qui fut le lien avant toute rupture. Labsence alors, même si elle est une perte consommée, parle encore pour la présence qui la fonde comme ferait lombre dune chose dissipée.
Claude Louis-Combet

L'écriture du silence
Avant le commencement (1992. Inédit)
Au commencement, le silence... (1994. Inédit)
Grande instance (Courant d'Ombres, N°1, printemps 1995)
Réponse à une enquête sur les petites phrases (La Dérobée, N°2, 1993)
Petites fictions
Dans l'absence des Lares et des Pénates (L'Obsédante n°5, automne 1995)
Un coin de ciel (Interlope la curieuse, N°14-15, décembre 1996)
Fenêtres de l'âme (La Dérobée, N°4, janvier 1997)
Prurit (Le Matricule des Anges, N°19, mars-avril 1997)
Paillasson (La Matricule des Anges, N°19, mars-avril 1997)
Spectre solaire (L'Animal, N°5, été 1998)
Les Exilées d'Avalon (Le Nouveau Recueil, N°48, septembre 1998)
En présence de l'absence
Origine et fin du paysage (Les quatre saisons du Territoire, Tome IV, 1991)
Des litanies de la bienheureuse Vierge Marie et de quelques-unes entre toutes (Choros, programme de concert, 1986)
Celui aime...connaît Dieu (Variations johanniques, Le Cerf, 1989)
Une créature comme un livre (Voici Maître Eckhart, Jérôme Millon 1985)
O vere beata nox
(La Nuit, Jérôme Millon, 1995)
Le sens d'une majuscule (1998. Inédit)

Claude Louis-Combet écrit comme d'autres officient. [...]
À travers les textes que rassemble Proses pour saluer l'absence, [il] poursuit sa réflexion sur le sens de son entreprise, sur le pourquoi de cette manière de famine qui le pousse chaque jour vers sa feuille de papier. Il s'interroge sur l'origine de sa parole une seule phrase depuis le début, dit-il, se modulant de récits en poèmes et d'essais en fictions, un peu comme un chemin s'enfonçant dans le paysage de texte que cette phrase constitue au fur et à mesure de son élaboration. (...)
Expérience profondément affective qui, à partir du vécu de la vacance, met en fables ses hantises et ses désirs, laisse libre cours à ses passions d'osmose et de symbiose, réinvente des voies d'accès à la substance première des choses et à leur intériorité radicale, exalte les délices du délire. Entre quête de l'essence du féminin et un sens de l'abnégation proche de l'esprit du martyre, la phrase se fraye son chemin d'entrailles et de tourments vers cette voix d'en deça la voix, qui est peut-être la langue originelle du désir, celle où se conjoignent l'essence du divin, les appels de la chair et l'inguérissable blessure de l'origine.
Richard Blin, Le Mensuel littéraire et poétique, N°276.
Cette polyphonie de récits et d'essais forme une boucle. À l'égal du Recours au mythe, le présent ouvrage part "d'avant le commencment", de cette nostalgie du monde in utero et rejoint son point d'origine par l'écriture, le désir ou le songe. (...) Au même titre que l'homme au seuil de sa dernière heure, l'écrivain cherche à dire l'angle mort où souffrance de l'absence et énigme des origines se dénoueraient simultanément. (...) L'écriture est apprentissage du renoncement et, au-delà des vanités du monde, cheminement vers l'énéanti final.
Anne Thébaud, Le Nouveau Recueil, N°54, mars 2000.

 
|