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Outre une dizaine de recueils poétiques dont Moins que glaise publié par nos soins en 1990, Pierre Chappuis a signé des essais consacrés à Michel Leiris et André du Bouchet et nous livre ici litinéraire dune réflexion quil qualifie ainsi :
"Dans les moments ils sont légion où les mots palpables, frémissants (encore que farouches) ne semblent plus devoir surgir de leur propre mouvement, le besoin peut venir de prendre la poésie en quelque sorte à revers, quitte à sôter toute chance de ressaisie en nayant pas affronté pleinement mutisme et dépossession. Ainsi, bribes dabord jetées au hasard, litinéraire dune réflexion au demeurant partielle, incertaine, a fini par se tracer tant bien que mal en pointillé, à coups de repentirs, décarts autant que de retours aux mêmes points de vue.
Reste, plus claire, la conscience de ne pouvoir sans illusion croire "être né poète et sêtre reconnu poète" ; non moins, davoir à ne pas se méprendre sur une solitude moins voulue que subie : écrire, ou lire, faire uvre décriture ou de lecture, soit entrer, bien quindirectement, en communication pour ne pas dire en communion ne va pas sans la nécessité de sinterroger sur le rapport aux autres, la participation au monde et de chercher jour après jour à les approfondir."
Pierre Chappuis à travers ces fragments ne cherche-t-il pas à sapprocher de lindicible tel quil est ressenti par tout véritable écrivain ?

Moins pour constater les pouvoirs limités de l'écriture que pour tenter de mieux cerner l'obscur objet du poème : l'indicible, absent, rêvé, inexistant ou perdu, ignoré, oublié ; mais l'unique aussi bien, ce qui "résiste à nos classifications".
Pierre Dubrunquez, Poésie, 92, N°45
Avec Preuves par le vide, Pierre Chappuis propose un art poétique à sa façon : une moisson de petites notes rédigées au fil des ans, en marge des poèmes. Introduites par une épigraphe de Montaigne, elles inscrivent l'expérience poétique dans le tissu de la vie ; lectures, êtres et choses vues, rêves et souvenirs, préoccupations éthiques, esthétiques, stylistiques se répondent, se font écho.
Marion Graf, Journal de Genève, 14 mars 1992.

 
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