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Martine Broda : Pour Roberto Juarroz, éditions Corti.
Parution le 4 eptembre 2002
Sans prétendre à une exhaustivité que Juarroz lui-même déclarait impossible, je souhaite juste proposer quelques pistes aidant à la lecture. Labondance de cette uvre était un premier facteur de difficultés ; pour illustrer mes dires, jaurais pu à chaque fois produire trop dexemples, ce qui aurait beaucoup alourdi lessai. Dautre part, ma méconnaissance de lespagnol rendait plus difficile toute lecture au ras de la lettre, au-delà de laquelle il reste pourtant à dire. Il y a de nombreux livres de Juarroz traduits en français, mais ils ne représentent quun quart environ de luvre, ce qui est sans importance pour le commentaire, car celle-ci est très répétitive. Cela nest pas péjoratif sous ma plume, car je pense que la monotonie est souvent le fait des uvres fortes, et que cette poésie aux obsessions constantes massivement fait monde. On doit admirer cette profération somnambule, ce jaillissement de source. Juarroz est déjà lui-même dans les premiers livres, et pourtant son uvre va crescendo. En dépit de ce quil pose dans les proses poétologiques, où il parle de luvre ouverte selon Umberto Eco, du poème qui doit se compléter chez le lecteur, cette uvre semble se fermer au commentaire, dans la mesure où la plupart des poèmes sont si parfaits, et ou obscurs, ou le plus souvent limpides, si simples aussi de structure, quon na pas envie de poser un mot dessus. On a limpression que ces poèmes disent tout ce quil y a à dire, et exactement comme il faut
Du même auteur chez Corti : Lamour du nom, collection En lisant en écrivant, 1997.



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