De Jules Renard à Roland Barthes, de Pindare à Plutarque, de Don Juan à Nero Wolfe, Giuseppe Pontiggia porte sur les œuvres et les figures littéraires le regard acéré du critique et du romancier rompu au commerce des écrivains posthumes et des hommes de lettres inexistants. Rien n’échappe à sa curiosité : pas plus la passion dévorante du joueur d’échecs que les abîmes de la bêtise, ni la duperie des titres trop évocateurs, ni l’inéluctable dévaluation de la parole, monnaie galvaudée s’il en fut.
     Recueil d’essais publié pour la première fois en Italie en 1984, Le Jardin des Hespérides représente une étape de la réflexion sur la littérature que ce créateur mène sans discontinuer, parallèlement à son œuvre.
     Enfin, un vrai, un grand livre, dont on sort meilleur, un peu plus en accord – et en résonance : il dilate l’intelligence, la réflexion, en même temps qu’il aiguise la sensibilité, affine le jugement et le goût, et plonge en profondeur.

    
 Table des matières de ce volume :

     La clarté de Daumal ; Lucain ou le désespoir des vaincus ; Les jardins de Salluste ; Le poète milliardaire ; La Chine au miroir de l'Occident ; Grammaire de l'anarchie ; Nero Wolfe contre le F.B.I. ; Echecs et paranoïa ; Versailles dans la Toscane de Collodi ; L'ivresse de la survie ; Le soleil intérieur ; Une passion rétrospective ; Comment j'ai perdu ma partie avec les échec ; Pessoa et ses moi ; La drogue et l'éternité ; Sartre aveugle ; Le cœur de l'existence ; Jules Verne, spéléologue de la psyché ; Se rendre à la vérité ; Le malentendu de l'amour romantique ; "Où va la littérature ?" ; Voyage à Fuente Vaqueros ; L'Hellade en peignoir ; Les columbariums de la littérature ; Le Fanfarlo et l'adieu à la jeunesse ; Hesse et la bibliothèque universelle ; La vie "comme si" ; Derrière une aile de papillon ; Classiques et anniversaires ; L'effondrement d'une utopie ; Le grand soir ; Le songe de Plutarque . La dernière époque de Sinisgalli ; Le dieu inconnu de la littérature fantastique ; Un héros moderne ; La redécouverte de l'antique ; La méfiance envers la parole ; Notes du Solmi ; Sur la bêtise ; Révolution et retour ; Voyage de la poésie moderne dans le monde antique ; L'autre Morselli ; Borges contre "Borges" ; La joute et l'énigme ; La gentillesse de Gadda ; L'homme de lettres et l'inexistence.




     C'est à une belle aventure que nous convie Giuseppe Pontiggia. Un voyage pour "voir" d'un œil neuf des auteurs et des écrits. Pour susciter le désir de les rencontrer et de les lire.
     À l'heure des spécialistes, Pontiggia s'est spécialisé dans la lecture ; toute la lecture, de tous les genres, de tous les lieux et de tous les genres. Il faut s'abandonner pour le lire au sentiment amer de n'avoir jamais rien lu. Il n'y a dans son érudition pas la moindre coquetterie, pas l'ombre d'une vanité, mais l'aveu d'une passion grandiose et impossible – tout lire..., être la bibliothèque... – et l'affirmation d'une radicale inactualité de la lecture ; il n'y a pas a priori, de livre indispensable ; chacun est une expérience personnelle : "Une bibliothèque, ce n'est pas un ensemble de livres mais l'homme qui les lit."
     Les petits essais de Pontiggia sont plus encore que séduisants : séducteurs. Chacun expérimente une manière de susciter l'attente du lecteur pour mieux ensuite l'incarner.
     C'est une défense de l'intelligence contre les pouvoirs totalitaires de l'intelligence.
     "La Chronique" de Pierre Lepape, L'homme-bibliothèque, Le Monde, 11 octobre 1996.






Traduit de l'italien
par François Bouchard
280 pages
1996
ISBN : 2-7143-0591-1
140 F