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Novalis, Fragments, José Corti.
En février 1890, au moment où Maeterlinck lit Novalis, paraît dans la revue LArt moderne un texte quil faut lire comme une vraie profession de foi esthétique. Il sintitule "Confession du poète" :
"Je me sens attiré avant tout par les gestes inconscients de lêtre, qui passent leurs mains lumineuses à travers les créneaux de cette enceinte dartifice où nous sommes enfermés. Je voudrais étudier tout ce qui est informulé dans une existence, tout ce qui na pas dexpression dans la mort et dans la vie, tout ce qui cherche une voix dans un cur. Je voudrais me pencher sur linstinct, en son sens de lumière, sur les pressentiments, sur les facultés et les notions inexpliquées, négligées ou éteintes, sur les mobiles irraisonnés, sur les merveilles de la mort, sur les mystères du sommeil, où malgré la trop puissante influence des souvenirs diurnes, il nous est donné dentrevoir, par moments, une lueur de lêtre énigmatique, réel et primitif ; sur toutes les puissances inconnues de notre âme ; sur tous les moments où lhomme échappe à sa propre garde ; sur tous les secrets de lenfance, si étrangement spiritualiste avec sa croyance au surnaturel, et si inquiétante avec ses rêves de terreur spontanée, comme si réellement nous venions dune source dépouvante."

Avant-propos de Paul Gorceix
Introduction de Maurice Maeterlinck
Les disciples à Saïs
Fragments :
Philosophie et physique
Esthétique et littérature
Considérations morales
Fragments recueillis
Introduction à la poétique symboliste par Paul Gorceix
Notes

Peu d'écrivains ont poussé aussi loin que Novalis l'exploration des espaces intérieurs aux confins de la raison et de la déraison.
Pierre Deshusses, Le Monde, 25 février 1994.

 
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