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Femmes de Trieste d'Umberto Saba.
"Je nai pas été un poète triestin, mais un poète et un écrivain italien, né en 1883 dans cette grande ville italienne de Trieste. Je ne sais même pas si du point de vue de lhygiène de lâme cela a été, pour moi, un bien que de naître, avec un tempérament classique, dans une ville romantique ; et avec un caractère (comme celui de tous les faibles) idyllique, dans une ville dramatique. Ce fut un bien (je crois) pour ma poésie, qui se nourrit aussi de ce contraste, et un mal pour mon disons bonheur de vivre
En tout cas, le monde, je lai regardé à partir de Trieste".
Umberto Saba na cessé de rêver à cette ville quil na guère quittée, du moins en pensée. Centre et foyer de ses désirs et de sa mélancolie, la ville devenait la figure allégorique de son uvre. Les femmes, les livres, les lieux, mais aussi la psychanalyse, la guerre, lenfance et le rythme des mots et des vers : dans de courts textes inspirés, profonds, railleurs, violents parfois, le poète propose un manuel de poésie et de savoir-vivre, une galerie de souvenirs, de rêveries et de préceptes.
Table des matières de ce volume :
Cinq anecdotes avec une morale
Un coup de révolver
Trieste telle qu'autrefois Saba la vit
Discours de thèse
Discours pour son soixante-dixième anniversaire
Ce qui reste à faire aux poète
Poésie, philosophie et psychanalyse
Journal d'Algérie
La Méditerranée est un prétexte
Femmes de Trieste
Enfer et paradis de Trieste
Freud vu par Ludwig
L'histoire, maîtresse de vie
Vérité et justice
Conseils aux bibliophiles
Deux suppliques

Ce court recueil de textes qui s'échelonnent de 1915 à sa mort est aussi précieux qu'émouvant. Oublions quelques écrits de circonstance. Mais que de pudeur, d'exquise et grave sensibilité partout ailleurs ! Que d'acuité pour saisir des "choses vues" et en éclairer le sens ! Que d'émotions aussi, quand il évoque Trieste, sa ville tant aimée avec son parfum de cosmopolitisme, son air de liberté et la beauté de ses femmes à la fois romantiques et émancipées ! "Le monde, je l'ai regardé de Trieste", s'écrie-t-il. Mais de Trieste aussi il a fait un monde. Et l'essentiel est là.
Frédéric Vitoux, Le Nouvel observateur, 6/12 mars 1997.
L'auteur, s'il s'en prend à Croce ou à Ludwig, ou défend passionnément manzoni contre d'Annunzio, laisse d'abord d'admirables pages sur son uvre, sur Trieste, ses femmes, ses souvenirs, , et surtout sur le rapport délicat qui lie poésie, philosophie et psychanalyse. La défense de Freud est, à mon sens, un des plus brillants plaidoyers pour le père-fondateur. Saba, enfant terrible de Trieste, donne envie de nous y précipiter pour aller respirer une douceur unique, alors que "dans le ciel limpide / un beau nuage rosé / enflammé et courtisé / par l'aurore..." passe dans le bleu des jours.
Claude-Henry du Bord, Études, juillet 1997.

 
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