Maria Zambrano : Apophtegmes,
    éditions Corti, novembre 2002


    « Maria Zambrano n’a pas vendu son âme à l’Idée, elle a sauvegardé son essence unique en mettant l’expérience de l’insoluble au-dessus de la réflexion sur lui, elle a en somme dépassé la philosophie...» Cioran.

       Maria Zambrano, chantre de la « raison poétique », n’a pas eu, à proprement parler, le projet d’écrire des aphorismes. Ceux-ci sont choisis par le traducteur dans l’ensemble de son œuvre et montrent de façon fulgurante la rigueur d’une pensée exigeante qui cherche l’harmonie des contraires. Harmonie entre raison et sentiment, idée et croyance, nécessité intérieure et déterminismes externes. La réflexion tente l’impossible : sortir de l’aporie, parvenir au cœur et à l’origine de ce qui pense en nous, mais au lieu de recourir à la déduction, la philosophe emprunte la voix de la contemplation intérieure. Si la pensée de Maria Zambrano est si limpide, c’est qu’elle est portée par une forme poétique qui la rythme et incarne mieux les images que la pure abstraction.
      Maria Zambrano (Vélez-Malagua, 1904-Madrid, 1991) est l’une des plus originales philosophes espagnoles de ce siècle. Élève de Ortega y Gasset, elle occupe une chaire de métaphysique à l’Université Centrale de Madrid. Engagée politiquement du côté des Républicains, elle doit s’exiler au terme de la guerre civile, elle vivra à Cuba, México, en Italie, en Suisse et à Paris (où elle se lie d’amitié avec Camus et Char). Elle retrouve Madrid après 45 ans d’exil (en 1984). Elle obtient le prix Cervantès de littérature en 1988.

    Surtout connue du public français grâce au travail des éditions de l’Éclat qui ont traduit De l’Aurore et les Clairières du Bois, Maria Zambrano a publié en espagnol une quarantaine d’ouvrages. Deux autres livres sont en cours de traduction chez Corti : Los suenos y el tiempo (Les rêves et le temps) et Filosofia y poésia.





  








160 pages, bilingue,
ISBN 2-7143-0778-7,
17Euros
mai 2002