Les Essais











1939,
Albert Béguin,
L'Âme romantique et le rêve

1942,
Gaston Bachelard,
L'Eau et les rêves

1946,
Gaston Bachelard,
L'Air et les songes

1986,
Gabriel Germain,
L'Aventure onirique

1994
Jean-Daniel Gollut,
Conter les rêves

1994
Pierre Cheymol,
Les Empires du rêve

2002
John E. Jackson,
Souvent dans l'être obscur



Les œuvres


1941,
Samuel Taylor Coleridge,
Le Dit du vieux marin


1945,
René Char,
Eaux-mères, in
Le Marteau sans maître

1945,
Julien Gracq,
Un beau ténébreux

1952,
Villiers de L'Isle Adam
L'Intersigne in
Contes cruels

1953
Sadegh hedayat,
Le Chouette aveugle

1964
Jean Paul,
Choix de rêves

1964,
Gérard de Nerval,
Sylvie – Aurélia

1989,
Jean Potocki,
Manuscrit trouvé
à Saragosse


1991,
Shakespeare,
Hamlet

1993,
Lugwid Tieck,
Amour et magie


1994,
Bonaventura,
Les Veilles

2000
Anne-Sylvie Salzman,
Sommeil
  
Du rêve 
  

 Des Songes de Quevedo à l'essai de Maria Zambrano Les Rêves et le temps – tous deux en cours de traduction – en passant par le Romantisme et le Surréalisme, individus et mouvements ne cessent de s'interroger sur le rêve, de créer à partir de lui, véritable œuvre vive de la littérature.
Si les éditions Corti n'ont pas publié La Vie est un songe de Caldéron ni Peter Ibbetson de Georges du Maurier, l'un comme l'autre ayant, à trois siècle de distance, hissé le thème jusqu'au zénith, le Rêve est certainement l'une des thématiques la plus souvent visitée par la maison.

À l'occasion de la récente réédition du Choix de rêves de Jean Paul, édition établie par Albert Béguin et augmentée aujourd'hui d'une postface de John E. Jackson ainsi que du nouvel essai de ce dernier sur le romantisme : Souvent dans l'être obscur, où il est beaucoup question du rêve, nous vous invitons dans le doux pays des songes de notre catalogue.
 

A droite, les liens vous renvoient aux pages concernées – les dates indiquées sont les dates de publications chez Corti –, ci-dessous, un choix d'extraits sur la thématique du rêve.

[Retrouvez les archives de notre page thématique "Autour de"]

(Le fond d'écran est tiré d'un dessin de José Corti )

Toute époque de la pensé humaine pourrait se définir, de façon suffisamment profonde, par les relations qu'elle établit entre le rêve et la vie éveillée.
Albert Béguin



Tous les Märchen ne sont que rêves de cette patrie qui est partout et nulle part.
Novalis, cité par Béguin in L'Âme romantique et le rêve.



Tiens ! ce baiser sur ton front! et, à l'heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l'avoue : tu n'as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve ; et si l'espoir s'est enfui en une nuit ou en un jour - dans une vision ou aucune, n'en e st-il pour cela pas moins PASSÉ ? Tout ce que nous voyons ou paraissons, n'est qu'un rêve dans un rêve.

Je reste en la rumeur d'un rivage par le flot tourmenté et tiens dans la main des grains du sable d'or - bien peu ! encore comme ils glissent à travers mes doigts à l'abîme, pendant- que je pleure - pendant que pleure ! O Dieu ! ne puis-je les serrer d'une étreinte plus sûre ? O Dieu ! ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable ? TOUT ce que nous voyons ou paraissons, n'est-il qu'un rêve dans un rêve ?
Edgar Poe, traduit par Mallarmé



« Une méprise au sujet du rêve.
Dans le rêve, l'homme , aux époques de civilisation informe et rudimentaire, croyait apprendre à connaître un second monde réel ; là est l'origine de toute métaphysique. Sans le rêve, on n'aurait pas trouvé l'occasion de couper le monde en deux. La division en âme et corps se rattache aussi à la plus ancienne conception du rêve, de même que la croyance à un simulacre corporel de l'âme, partant l'origine de toute croyance aux esprits, et vraisemblablement aussi de la croyance aux dieux. "Le mort continue à vivre ; car il apparait aux vivants dans le rêve" : c'est ainsi qu'on raisonna jadis, durant beaucoup de milliers d'années. »
Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain



Le rêve commence toujours ainsi : je vois Esztena traverser une pièce sans lumière dans laquelle se tient le comte. Elle porte une robe qui paraît rouge et c’est bien l’Esztena du monde éveillé, jamais une autre à laquelle j’aurais donné ce nom. Parfois Esztena parle, parfois elle se tait; parfois elle marche vers le milieu de la pièce et sa main se tend; vers moi, me dis-je, vers moi ; c’est vers le comte. Dans certaines versions du rêve il se passe avec lui des choses effroyables. Esztena tire les rideaux sur le cadavre infâme du comte. Esztena soudain livide est dépecée par les griffes du comte. Je pleure, ou plutôt jappe ainsi qu’un chien.
Anne-Sylvie Salzman, Sommeil



« Le rêve est le phénomène que nous n'observons que pendant son absence. Le verbe rêver n'a presque pas de "présent".
Je rêve, tu rêves, - ce sont figures de rhétorique, car c'est un éveillé qui parle ou un candidat au réveil.  »
Paul Valéry, Tel Quel



Mourir ? Dormir, rien de plus. Et penser
Que ce sommeil termine les misères
De notre cœur et les mille tourments
Auxquels la chair est sujette. Ah ! ce but
Qu'il nous faudrait l'aimer ! Mourir, dormir,
Dormir, rêver peut-être. Oui, c'est l'obstacle.
Si ce sommeil de mort avait ses rêves (...)
Shakespeare, Hamlet, Traduction de Jean Malaplate



C'est ainsi que je m'encourageais à une audacieuse tentative. Je résolus de fixer le rêve et d'en connaître le secret. "Pourquoi, me dis-je, ne point enfin forcer ces portes mystiques, armé de toute ma volonté, et dominer mes sensations au lieu de les subir ? N'est-il pas possible de dompter cette chimère attrayante et redoutable, d'imposer une règle à ces esprits de nuits qui se jouent de notre raison ? Le sommeil occupe le tiers de notre vie. Il est la consolation des peines de nos journées ou la peine de leurs plaisirs ; mais je n'ai jamais éprouvé que le sommeil fût un repos."
Gérard de Nerval, Aurélia, Collection Romantique N°7




Jean portait en lui, malgré les exigences de son temps, et peut-être même à son insu, le rêve d’un passé qu’il n’avait pas connu et qu’il serait obligé de traduire par un rêve d’absolu, l’horizon à sens unique du temps transformé en verticalité du rêve.
Frédéric Cosmeur, Jean



Pénétrera-t-on un jour le mystère de ces accidents métaphysiques, de ces reflets de l'ombre de l'âme, perceptibles seuement dans l'hébétude qui sépare le sommeil de l'état de veillle ?
Sadegh Hedayat, La Chouette aveugle

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