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Ann Radcliffe
La brève carrière dAnn Radcliffe fut fulgurante (1789-1797) contrairement à H. Walpole, elle nétait pas en avance sur son époque , et ses trois derniers romans Le Roman de la forêt (1791) Les Mystères dUdolphe (1794), LItalien (1797) connurent un succès fantastique ; après quoi elle cessa de publier pour se consacrer aux éditions de son époux.
Son imagination, son sens de la nature, comme des ruines, furent salués unanimement et elle exerça une grande influence sur le mouvement romantique.
Si tous ses romans baignent dans le surnaturel, ils présentent tous aussi une explication, ce en quoi résident peut-être leurs limites même si heureusement Ann Radcliffe nexplique pas tous les phénomènes insolites. Malgré le souvenir persistant de ses remarquables architectures piégées, demeurent le sentiment et le regret davoir été le jouet dun brillant illusionniste. La même démarche creuse toujours plus avant les noires perspectives et lopaque consistance des espaces oniriques ; le rêve altère lespace, létire et lamplifie.
De nombreuses légendes, paradoxalement, entourèrent cet être pourtant rien moins que mystérieux. On lui prêta ainsi un goût immodéré pour des tranches de buf cru susceptible denrichir son inspiration daffreux cauchemars. En France, outre des imitations nombreuses, on lui attribua des romans quelle navait pas écrits.
"Une visite au Mont-Saint-Michel est un plaisir du même genre que celui quon prend à lire un roman dAnn Radcliffe. Vous montez, vous descendez, vous changez à chaque instant de niveau, vous suivez des couloirs obscurs (
) sous ces ogives où semblent saccrocher de leurs ongles les chauves-souris de Goya" (T. Gautier).


 
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