Esquisses
autobiographiques

Justice sanglante

La Roue
du malheur

Sur le style
(à paraître)

Klosterheim

Portraits littéraires



     
Thomas de Quincey, Anglais
     Manchester, 15 août 1785 – Édimbourg, 8 décembre 1859


     Comme Beckford, on limita longtemps de Quincey à un seul titre, Les Confessions d’un opiomane anglais, livre magnifique et toujours renaissant depuis Musset et Baudelaire, mais qui s’inscrit dans une œuvre immense – 14 volumes – et que Pierre Leyris notamment nous a permis de découvrir, n’en déplaise à M. Maisonneuve, qui dans la Pléiade, voit l’auteur comme un “vieil enfant rêveur, perpétuellement en quête d’un refuge qu’il chercha dans les livres, le laudanum, l’excentricité, les fantasmagories de la mémoire et les commérages” et qui “fit mille projets ambitieux d’où ne sortirent, la plupart du temps, qu’une série d’articles”.
     Les Esquisses autobiographiques nous permettent de découvrir à la fois ses années d’enfance et de formation, et une existence dont Breton nous dit que “peu (…) furent aussi pathétiques, peu d’histoires aussi cruelles et merveilleuses”. Qu’aurait-il ajouté s’il avait pu lire ce texte, qui a en outre le mérite de comporter de fulgurants aperçus sur des sujets tant littéraires qu’historiques, artistiques que philosophiques, personnels que sociaux ?
     Il semble que de Quincey ait été un génie universel, capable de s’attaquer à tous les genres et d’y réussir, le laudanum n’ayant pas entravé, comme chez Coleridge, les facultés créatrices : traités et monographies variés, économie politique, critique littéraire, histoire, récit, recherches sur les religions et la philosophie. Son influence fut d’ailleurs considérable, tant en France qu’en Angleterre. Ici le romantisme se replie sur lui-même et se déploie dans les visions d’un monde intérieur d’une richesse extrême.

     “De Quincey est essentiellement digressif. [L’expression] humourist peut lui être appliquée plus convenablement qu’à tout autre.” Charles Baudelaire.
     “Sa confession n’est pas qu’il a péché, mis qu’il a rêvé”. Virginia Woolf

     On commence seulement, depuis une quinzaine d’année, à mesurer l’étendue et la modernité de l’œuvre éclatée et polymorphe de De Quincey, longtemps tenue sous le boisseau. Dix livres ont été traduits en huit ans alors qu’on avait du mal, voilà encore quinze ans, à trouver ses trois principaux chefs-d’œuvre. (...) Baudelaire avait relevé dans la presse, à mort du mangeur d’opium en 1859, à 75 ans, d’aussi aimables nécrologies : “La mort a mis fin à la carrière triste et sans utilité du ‘Mangeur d’opium anglais’, retirant du monde une intelligence qui resta active jusqu’à la fin, mais qui n’avait jamais rendu de grands services à ses semblables. Allons, il n’est pas nouveau que l’ignominie n’a pas de bornes...Il n’est pas nouveau non plus que l’excès, la subjectivité revendiquée et la liberté nuisent à la réputation de leurs étendards.
     Extrait de Portrait d’un mangeur d’opium par Bertrand Leclair, Les Inrockuptibles, 20/26 mai 1998.



     Les livres de de Quincey disponibles en français chez d'autres éditeurs :

Les césars, trad. de Michèle Hechter, Claude Bensimmon, Le Promeneur, 1991.
Les confessions d'un mangeur d'opium anglais ; Suspiria de Profundis ; La malle-poste anglaise, trad. de Pierre Leyris, Gallimard, 1990.
De l'assassinat considéré comme l'un des beaux arts, trad. de Pierre Leyris, Gallimard, 1995.
Les derniers jours d'Emmanuel Kant, trad. de Marcel Schwob, Ombres, 1996.
Les derniers jours d'Emmanuel Kant, trad. de Jean-Paul Mourlon, Mille et une nuits, 1996.
Jeanne d'Arc, H. Champion, 1909.
Judas Iscariote, trad. d'Eric Dayre, Ombres, 1990.
La révolte des Tartares ou la fuite du Khan des Kalmouks et de son peuple hors des territoires russes jusqu'aux confins de la Chine, trad. de Liliane Abensour, Actes Sud, Labor, Aire, 1994.
Les Sociétés secrètes, trad. de Liliane Abensour, Le Promeneur, 1994.
Sortilèges et astrologie, De la présence d'esprit, un fragment, trad. de Michèle Hechter, Le Promeneur, 1997.
Sur le heurt de la porte dans Macbeth, trad. de Gérard Macé, Fata Morgana, 1987.
La toilette de la dame hébraïque, trad. d'Eric Dayre, Le Promeneur, 1992.