Mansucrit trouvé
à Saragosse

Voyage en Turquie
et en Égypte



     
Jean Potocki, 8 mars 1761 à Pików (Ukraine), 2 décembre 1815 à Vladówka (Podolie)

 
    Le comte Jean Potocki, grand seigneur polonais d’éducation française, né en 1761, fut un génie universel : savant, artiste et homme politique. Il fut le fondateur des études de langues et civilisations slaves, publiant une série de travaux importants étayés par des recherches ethnologiques, historiques et linguistiques effectuées "sur le terrain". Les récits de ses voyages en Europe, en Afrique du Nord et en Asie nous montrent un observateur extrêmement attentif à la condition humaine et aux systèmes de gouvernement. En 1789, il fonde à Varsovie un club politique progressiste et une "imprimerie libre". En 1804, la situation politique ayant profondément changé et le partage de la Pologne étant consommé, il offrira ses services au tsar, préconisant la conquête, dans un but civilisateur et commercial, d’une grande partie de l’Asie (dont l’Afghanistan). Après avoir dans sa jeunesse écrit un Recueil de Parades, une opérette (Les Bohémiens d’Andalousie) et quelques contes et apologues, il travaille dès 1797 au Manuscrit trouvé à Saragosse, son chef-d’œuvre, achevé peu avant sa mort, mais resté inédit. Il se suicide en 1815 dans des circonstances entourées de légendes.


     
En cours de lecture du Manuscrit trouvé à Saragosse, entre deux histoires, vous vous prendrez peut-être à rêver d’un autre récit à la première personne intitulé "histoire de Jean Potocki, le ‘citoyen-comte’"et relatant dans style du livre, la vie de son auteur.
     Vie nullement en retrait sur celle des personnages les plus colorés : une enfance aristocratique, des études en Suisse, en langue française, une jeunesse militaire en Hongrie, des voyages (voir son Voyage en Turquie et en Égypte), des combats avec les pirates, etc. Grand amateur de contes et de traditions populaires, Potocki en écouta et en nota à Constantinople, en Tunisie, en Espagne, au Maroc ou en Europe Centrale. Comte et chevalier de Malte, il était aussi passionné par l’histoire des civilisations, ami de Voltaire et d’Helvétius et imprégné de l’esprit des Lumières. C’est dans cet esprit qu’il créa en Pologne, un an avant la Révolution française, la première imprimerie libre. Il était alors député à la Diète mais ne répugnait pas à publier des pamphlets. Venu à Paris, fréquentant le Club des Jacobiens, il se laissait appeler le "Citoyen-Comte". Mais Potocki ne dissocia jamais la savoir et l’action. En Mongolie, c’est en chercheur, et presque en ethnographe travaillant sur le terrain, qu’il voyagea, plus encore qu’en diplomate. Il comptait écrire une gigantesque histoire des peuples slaves.
     
Pierre Péju, La Quinzaine Littéraire, 15-30 juin 1989


     Retiré sur ses terres en 1813, après sept années passées à Saint-Pétersbourg, le "comte Jean" s’est suicidé au cours d’une crise de névralgie avec une balle d’argent bénite, "pour le cas où Dieu existerait".
     
Jean Lajarrigue, LB





     Après avoir dans sa jeunesse écrit un Recueil de Parades, une opérette (Les Bohémiens d’Andalousie) et quelques contes et apologues, il travaille dès 1797 au Manuscrit trouvé à Saragosse, son chef-d’œuvre, achevé peu avant sa mort, mais resté inédit