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Gérard de Nerval (français, 1808-1855)
Nerval, longtemps considéré comme un petit romantique sans avenir, est sans aucun doute le plus grand de cette école en France. Il devient célèbre après la traduction du premier Faust de Gthe, sessaye à tous les genres (librettiste, critique musical ou dramaturge, directeur et créateur de revue, traducteur, romancier, poète) avec plus ou moins de bonheur. Au point quon prend assez peu au sérieux ce brillant causeur. Ses crises de folie puis son suicide ne serviront pas son crédit.
On découvrira bien plus tard quen lespace de trois ans il laisse plus de chefs-duvre quun Lamartine sil avait écrit mille ans : Sylvie, 1853 ; Les Filles du feu, 1854 ; Les Nuits doctobre ;1852 ; Aurélia, 1855.
"Lépanchement du songe dans la vie réelle" la conduit à lultime mot laconique quil adresse avant sa mort à sa tante : "Ne mattends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche". Loriginal petit littérateur parisien est devenu linitié sublime, lécrivain en quête dabsolu. Il rejoint ainsi Faust, qui laura dailleurs hanté toute sa vie. Celui qui aura su gouverner son rêve annonce le "long et raisonné dérèglement de tous les sens" quentreprendra bientôt Rimbaud, mais aussi dautres génies qui, tel Proust, prolongeront sa quête, y trouvant encouragement : "Allons plus loin que Gérard".
"Gérard de Nerval semble une apparition, la source autonome de son être et de son uvre sécoule à part, comme sil était à la fois en avant de son époque et en arrière" (Pierre Jean Jouve).
"Je suis du nombre des écrivains dont la vie tient intimement aux ouvrages qui les ont fait connaître." (Gérard de Nerval)
"Recomposons nos souvenirs" (id.)


 
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