Voyage autour
de ma chambre

Le Lépreux de la cité d’Aoste
(dans le même volume que le Voyage)

 

    
Xavier de Maistre, (Savoie, Chambéry, 8 novembre 1763 – Saint-Pétersbourg, 12 juin 1852)

     Frère de l’écrivain Joseph de Maistre. Deuxième fils du président du souverain sénat du royaume de Savoie. Après des études approximatives et dilettante, à l’image de l’écrivain qu’il deviendra , il est officier dans l’armée sarde. Lorsque la France occupe la Savoie, il se réfugie en Russie. En 1805, il botient, à Saint-Pétersbourg, le titre de directeur de la bibliothèque et du musée de l’Amirauté. IL se marie en 1817, après avoir obtenu le grade de général au cours d’une campagne au Caucase. Après quelques années en Sardaigne et à Naples et de très brêves apparitions à Paris, il revient en Russie et s’y fixe définitivement.
     À la vogue des récits d’aventures et de voyages, de Maistre oppose l’immobilité la plus complète, grâce à laquelle il peut fuir les contingences et donner libre cours à son imagination ; le renversement parodique, le détournement sont généralisés. Tandis qu’ils décrivent le monde, je vais décrire ma chambre, telle sera sa devise. C’est donc en revenant à la liberté qu’il rentrera dans les fers. Le jeu avec le lecteur est perpétuel, d’inversion en contre-pied, de digression en digression, d’antiroman en antivoyage.
     Au-delà de ce qu’il partage avec le récit parodique, on peut voir se profiler dans le Voyage le double renouvellement qui constitue la révolution romantique : l’avènement du moi et l’explosion des genres.
     “Le comte Xavier de Maistre s’est offert à nous comme un de ces hommes dont la rencontre console de bien des mécomptes en littérature et réconcilie doucement avec la nature humaine… On prendrait plaisir et profit à plus d’un de ses jugements naïfs et fins” (Sainte-Beuve).
    
     Extrait de La pantoufle et les étoiles par François Bott, Histoires littéraires, Le Monde, 22 mars 1991.
 “Xavier de Maistre n’était pas seulement le petit frère de Joseph. Il écrivait lui aussi, et très bien. Avec la hargne en moins. Il était aussi aimable que l’autre était irascible. (...) Sainte-Beuve [lui] attribuait “de grandes vivacités de jeunesse.” Elles mirent beaucoup de temps à se modérer. Vers 1790, alors qu’il était officier dans une garnison du Piémont, Xavier de Maistre se battit en duel. Cette aventure lui valut d’être aux arrêts dans sa chambre, durant quarante deux jours. Désireux d’occuper ses loisirs, il nota ses impressions. Il tint un carnet de route de cette traversée du temps. Il écrivit la suite de ce voyage neuf année plus tard, rue de la Providence à Turin. Mais cette fois, il s’agissait d’une réclusion volontaire. IL restait dans sa chambre afin de se soustraire au tumulte de l’Europe. (...)
     Xavier de maistre n’avit cure de la fameuse mélancolie pascalienne. Il ignorait les noirs sentiments des hommes qui ne savent rester seuls dans leur chambre. Il ne pensait pas que la solitude fut une mauvaise fréquentation. “Malheur, disait-il, à celui qui ne peut être seule un jour de sa vie sans éprouver le tourment de l’ennui, et qui préfère, s’il le faut, converser avec des sots plutôt qu’avec lui-même !”


1795 : Le voyage autour de ma chambre, Lausanne
1811 :
Le Lépreux de la cité d’Aoste, Saint-Pétersbourg.
1825 :
La Jeune Sibérienne, Saint-Pétersbourg.
1825 :
Les Prisonniers du Caucase, Saint-Pétersbourg.
1825 :
Expédition nocturne autour de ma chambre, Saint-Pétersbourg.