L’Oncle Silas

Schalken le peintre

Le Mystérieux locataire

     Joseph Sheridan Le Fanu, Irlandais, 1814-1873.

    Absent du Laffont-Bompiani – dans l’édition revue de 1994 – comme de la plupart des autres dictionnaires d’auteurs édités en langue française, autant dire que Le Fanu, père de Carmilla et de l’inoubliable Oncle Silas brille par son absence dans le panthéon des lettres traduites.
     “Joseph Sheridan Le Fanu est un de ces écrivains qui a dû subir le purgatoire avant de se voir reconnu à sa juste valeur. Depuis quelque trente ans, nul ne met en doute son importance dans l’évolution du récit fantastique. Henry James comme Montague Rhode James l’encensent. Sa nouvelle Carmilla est considérée comme l’une des plus grandes réussites du récit de vampire.” Jacques Finné (traducteur et postfacier de Le Fanu pour José Corti).
     “Imaginerait-on qu’une édition complète des œuvres de Joseph Sheridan Le Fanu, publiée aux États-Unis, ne comporte pas moins de cinquante-trois volumes quand son nom, ppir un lecteur francophone, n’évoque à peu près rien, sinon des ouvrages de collections de fantastique aux couvertures d’un goût douteux.” Le Mensuel Littéraire et poétique, Patrick Cassou, décembre 1997.
     
     Extrait de Le Fanu c’est fantastique par François Rivière, Libération, 9 octobre 1997.
     Né à Dublin le 18 août 1814 dans ce creuset magique d’où sont aussi sortis Wilde et Bram Stoker, Joseph Sheridan Le Fanu est le fils d’un pasteur, le petit-fils d’un acteur de mélodrame et le petit-cousin du dramaturge Sheridan. À douez ans, il suit ses parents dans un village du comté de Limerick où son éducaion se poursuit au contact d’un paysannerie superstitieuse, imprégnée de surnaturel. C’est presque sans effort qu’il se lance dans la composition de ballades vantant les mérites des héros nationalistes. Il est inscrit en 1833 à l’université de Dublin qui lui ouvre les pages de son magazine : Le Fanu y publie les premières moutures de ses meilleurs récits fantastiques. (...)
     Ses études terminées, le jeune homme s’inscrit au barreau de Dublin puis, brusquement, se toune vers le journalisme, devenant propiétaire de deux feuilles conservatrices, le Warden et l’Evenig Mail. En 1844; il épouse Susan Bennett dont il aura trois enfants. À la mort du père de Susan, les Le Fanu s’installent dans la maison familiale de Merrion Square que l’écrivain ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1873. Les biographes de Le Fanu notent que c’et à partir de la mort du décès de sa femme, survenu en 1858, que l’évrivain va se consacrer à une production exclusivement fantastique. Et c’et dans le deuil qu’il semble trouver la matière, romantique à souhait, d’histoires qui ne doivent plus rien à la tradition classique mais à une fantstique personnelle, originale et traumatique.

     Extrait de Joseph Sheridan Le Fanu par Claude Fierobe, La Quinzaine Littéraire, 17 novembre 1997.
     Tour à tour directeur en chef de plusieurs revues, Le Fanu joue un rôle public important. À la fois très imùpliqué dans les eaffaires de son temps et profondément replié sur lui-même, Le Fanu est un être sous tension, un paradoxe vivant.



Bibliographie sommaire de Joseph Sheridan Le Fanu
établie par Jacques Finné

     1. En langue anglaise

     Toutes les nouvelles fantastiques de Joseph Sheridan Le Fanu (à l’exception de A Strange Adventure in the Life of Miss Laura Midmay, au demeurant plus une novella qu’une nouvelle) sont disponibles dans trois recueils :
     — Best Ghost Stories of J.S. Le Fanu, New York, Dover Publications, 1964, 467 p. ;
     — Ghost Stories and Mysteries, New York, Dover Publications, 1975, 372 p. ;
     — The Purcell Papers, Sauk City, Arkham House, 1975, 241 p.

     Les études sur Le Fanu se multipliant, je n’en cite qu’une, brillante :
    – W. J. McCormack, Sheridan Le Fanu and Victorian Ireland, Oxford, Clarendon Press, 1980, 310 p.

     Pour qui désire suivre l’évolution des récits de Le Fanu, un ouvrage est longtemps resté une référence :
     — S. M. Ellis, Wilkie Collins, Le Fanu and Others, Freeport, New York, Books for Libraries Press, 1968 (la première édition remonte à 1931), 343 p. A Le Fanu sont consacrées les pp. 140-191.

     2. En langue française

     Je ne cite que les principaux recueils non édités par José Corti. Pour une bibliographie détaillée, voir la notice à : Joseph Sheridan Le Fanu, Le dernier héritier de Castle Connor (récit non fantastique), Toulouse, Petite Bibliothèque Ombres, 1994.
     — Carmilla et autres nouvelles, Paris, Denoël (Présence du futur), 1960, 222 p. Cette superbe nouvelle de vampire jouit d’un statut particulier, puisqu’elle a connu au moins six traductions (dont deux misérables, il est vrai). La dernière en date (Actes Sud, Babel fantastique, 1996) est due à Gaïd Girard.
     — Les créatures du miroir, Paris, Losfeld, 1967, 272 p. Réédition en deux volumes aux Nouvelles Editions Marabout.
     — Le hobereau maudit, Paris, Cercle Européen du Livre, 1975, 432 p. Réédition en deux volumes chez NéO.
     — Le mystérieux locataire et autres nouvelles, Paris, NéO, 1982, 221 p.

     Les publications en français centrées sur Le Fanu sont à la fois riches et pauvres. Aucun livre ne lui est consacré. Par contre, très riche se révèle la moisson d’articles divers — on les trouvera dans la notice à Le dernier héritier de Castle Connor, cité plus haut.
     Deux thèses de doctorat (malheureusement non publiées) ont été consacrées à Le Fanu :
     — Jean Lozes, Joseph Sheridan Le Fanu, romancier et nouvelliste anglo-irlandais (1814-1873), thèse de doctorat d’Etat, Université de Toulouse-Le-Mirail, 1987 ;
     — Gaïd Girard, Aspects et construction du fantastique dans les nouvelles de Joseph Sheridan Le Fanu (1814-1873), Thèse de doctorat d’Etat, Université de Paris VI La Sorbonne, 1993.