Histoires d’almanach

     Johann Peter Hebel

     Né à Bâle, devenu très tôt orphelin, Hebel passa son enfance à Hausen dans le Wiesenthal ; après des études de théologie, il fut en 1791 nommé professeur au lycée de Karlsruhe, ville où il vécut jusqu’en 1826.
     Ses deux chefs-d’œuvre, les Poèmes alémaniques de 1803, salués avec enthousiasme par Jean-Paul et par Gœthe, et le Shatzkästlein des rheinischen Hausfreundes (L’Écrin de l’ami rhénan), paru en 1811 chez Cotta, l’éditeur de Schiller et de Gœthe, appartiennent à la littérature universelle.
     Avec les Poèmes alémaniques, qu’appréciait même un Baudelaire, il donna ses titres de noblesse à la poésie dialectale, devenant ainsi le précurseur de Gotthelf, de Klaus Groth, d’Auerbach, mais aussi des auteurs d’histoires villageoises, notamment en France et en Russie.
     Par les contributions qu’il fournit à l’almanach du pays de Bade L’Ami rénhan qu’il rédigea seul de 1808 à 1815, il est le maître classique incontesté du récit bref (tels Kannitverstan et Retrouvailles inespérées) et servit de modèle jusqu’à Kafka, Brecht et Canetti.
     Pour une fois, nous laisserons la parole aux autres :
     "Je viens de relire pour la cinquième ou sixième fois un recueil de chansons populaires d’un poète… Notre poète alémanique a, pour tout ce qui vit et existe, un cœur ouvert, les bras accueillants de l’amour, et toute étoile, toute fleur devient par lui un être humain" (Jean-Paul).
     "L’auteur de ces poèmes, écrits dans un dialecte du sud de l’Allemagne, est sur le point de conquérir sa place dans le parnasse allemand… Puisse-t-il continuer sur ce chemin !" (Gœthe).
     "Quels trésors sont cachés dans L’Écrin de Hebel, très peu nombreux sont ceux qui, jusqu’à nos jours, l’ont pleinement mesuré" (Martin Heidegger).